On trouvera ici, pour l'heure, les textes de Runes-Lettres d'O.D.I.N.
qui, à terme, seront complètés des réflexions du groupe de
travail de l'O.D.I.N.-76, de sa création jusqu'à sa dissolution en 1996.



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vendredi

Métropoles, régions, Etat ...

De scandales politiques en scandales financiers, de fausses factures en vraies affaires, c'est à l'essence même de nos peuples que les politiciens s'attaquent en glissant sur un pas de corruption. Du Palais Bourbon à l'Élysée, un seul mot d’ordre : « un pour tous, tous pourris ! »

L'agriculture sacrifiée sur l'autel du GATT pour sauver une hypothétique vente d'Airbus ; la pêche vendue aux intérêts des groupes alimentaires multinationaux ; le patrimoine culturel sacrifié, comme à Rennes, pour effacer quelques dossiers douteux dont on espère que si des doubles existent, on saura tout aussi bien trouver quelque vice de forme salutaire ... Les vraies-fausses valeurs de notre fin de siècle, défendues par de petits maîtres à penser, laissent remonter un goût amer dans la bouche du citoyen honnête qui aimerait pouvoir encore croire au système, malgré deux cent mille chômeurs en Normandie, et combien d'autres demandeurs d'emploi, de stages de conversion, de SIVP, TUC, CES et autres cache-misère ?

Avec un Déménagement du Territoire qui rattache Caen à Nantes, Rouen à Lille, la haute Normandie aux Hauts-de-Seine et refuse définitivement la vocation maritime de notre région, le cavalier Destouches pouvait répéter que l'histoire ne repasse pas les plats : colonisée, spoliée, niée depuis Philippe Auguste, la Normandie est l'exception qui confirme cette règle. L'on nous dira que les assemblées régionales de basse et de haute Normandie ont pensé des MATHILDE et des PRAT qui ont pour mérite de laisser béats ceux qui les ont élaborés. Beaux projets non complémentaires, donc incomplets et vides de sens. Belle démonstration de jacobinisme de village : hors de Caen et de Rouen point de salut ! La Normandie est malade du SIDA centralisateur, ses symptômes sont : chômage, récession, surendettement des ménages et des entreprises, problèmes de banlieues.

Alors signer un onzième plan, oui mais pour quoi faire ?
Avoir une vision d'ensemble de ce que veut le Grand Bassin Parisien cornaqué par l'Ile de France ? Le G.B.P. ne sait toujours pas dire ce qu'il veut.
Signer des avenants aux programmes de communication que le dixième plan n'a pas réalisé ? Obtenir que la région continue de payer ce que l'État ne peut plus honorer : un milliard pour une université qui fera des demandeurs d'emploi de niveau bac + 2 sachant mieux calculer leur quatre-vingts pour cent de « SMIC jeune(s) » ? Nous ne voulons pas que les composantes essentielles de notre Normandie soient tripatouillées au profit de petits messieurs qui font passer leurs préférences énarchistes avant de se consacrer optionnellement au « bien public ».

Si leur problème est de savoir comment durer, le nôtre est de réussir à être et à faire reconnaître ce que nous voulons être.

Rouen - Caen - Le Havre, c'est Normandie Métropole, et si l’essai semble timide ne nous aveuglons pas en le comparant aux poudres aux yeux électoralistes : l'idée est bonne et nous nous réjouirons encore plus lorsqu'elle aura abouti !
Déjà, Southampton, Poole, Bournemouth et Portsmouth se constituent en réseau de villes et c'est le South Coast Métropole, pendant naturel de l'initiative normande, qui vient constituer un Axe de la Manche culturellement incontournable. Bien qu'il s'agisse encore d'aménagement du territoire, ceci est d'une autre portée que la gestion médiocre d'intérêts parisiens : c'est la reconquête d'un espace privilégié entre communautés jumelles ! Nous laissons bien volontiers aux spécialistes la conduite de ce développement, notre combat étant depuis toujours celui de l'affirmation de la persistance d'un tempérament normand qui nous est spécifique. La Normandie est fille de la mer, et tout ce qui saura nous ancrer dans notre réalité sera bienvenu. Mais sachons aussi montrer notre volonté d'être et d'affirmer ce que nous sommes et, surtout, ce que nous ne voulons plus tolérer :

– les compromissions, les attentismes, vis à vis d'une Ile de France qui nous méconnaît autant qu'elle méprise l'idée que nous puissions encore exister !
– les faux semblants de richesses, hérités des meilleures périodes de notre asservissement aux intérêts alimentaires de la capitale ! Si nos élus oublient ces exigences, à nous de leur montrer comment nous considérons leur veulerie.

Nous n'oublions pas que c'est à nous, Normands, de défendre les valeurs essentielles qui caractérisent notre peuple.
Gilbert Crespin

lundi

Anniversaire de la libération

A l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération François Mitterrand exalte l'identité (Corse).

« Je souhaite, je veux que les (Corses) se sentent maitres de leurs affaires dans tous les domaines qui relèvent de leurs compétences [...] Personne ne peut trancher à leur place des problèmes qui sont les leurs »
Remplacez (Corse) par Normand, méditez cette citation et cherchez attentivement si il se dit quelque chose d'identique en hommage aux populations civiles Normandes, le 6 juin 1994.

mardi

Beterrave

au docteur Rémy, vice-président du Comité régional de tourisme, pour sa campagne de publicité dans le Métro parisien sur le thème :


NORMANDIE C’EST LA PORTE À CÔTÉ

La Normandie c’est :

– votre salle de gym (bonjour les odeurs)

– votre livre d’histoire (les franciliens passeront-ils aussi par les latrines Château-Gaillard ?)

– votre jardin secret (comme à Port-Deauville, première ode au béton)

Après vu partir les Normands en exil parisien, la Normandie part finir l’hiver dans le Métro.
Il fallait y penser, le bon docteur Rémi l’a osé !

Génétique et patrimoine

Le projet HUGO (voir Runes Hiver 92/93) soulève un débat. Certes, les découvertes les plus récentes de la génétique ont ruiné plus d’une théorie raciste de l’époque coloniale. Trop de « scientifiques » ont cherché à démontrer l’éventuelle supériorité d’une race sur une autre. Actuellement, le professeur Cavalli-Sforza et ses collaborateurs sont en train de réunir suffisamment de données pour mettre en évidence l’origine commune des espèces humaines : il y a environ cent mille ans, quelque part dans l’Est africain ou au Moyen-Orient, les humanoïdes partent à la conquête du monde. Les différenciations de caractères physiques se déterminent ensuite chez les divers groupes humains en fonction du milieu géologique et du climat de la région où ils s’établissent.
Voici ce qui ressort des travaux de scientifiques sérieux. Mais là où le sérieux se perd, c’est quand les moralistes saisissent ce qui n’est pas encore des résultats pour nous démontrer à tout prix que les races n’existent pas. Comme le dit André Langaney dans « sciences et Avenir »de février 1993 : « L’étude continue de multiples systèmes génétiques sur un tube de sang ne permet généralement pas de localiser l’origine du donneur. Tandis qu’un simple coup d’œil sur une photo d’identité permet souvent au voyageur expérimenté d’en dire beaucoup plus. » Les travaux de la génétique on surtout éclairé le domaine médical, sur les maladies héréditaires, par exemple.
Maintenant, à la lecture des articles parus dans les magazines scientifiques, et au vu du reportage télévisé de « Arte » sur le projet HUGO, au mois de janvier 1993, la question qui se pose est : « Dans quelle mesure la théorie des climats de Montesquieu – qui considérait que les peuples des pays chauds sont timides comme le sont des vieillards, ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens – se confirme-t’elle ? On l’a vu, les aspects physiques sont déterminés par le milieu où s’établi un groupe humain. Scientifiques et moralistes se refusent à aller plus loin quant aux caractères intellectuels globaux des races et des peuples. Ceci dit, il est difficile de croire, après une étude critique des résultats de la génétique, à une « supériorité » d’une race sur une autre. Mieux vaut parler plutôt de « qualités spécifiques ». Par exemple, il paraît évident qu’un mélanésien aura plus de mal à s’adapter dans un climat Arctique qu’un Germain. Peut-on parler de supériorité de l’un sur l’autre ? Voilà de quoi rassurer les moralistes contemporains. Mais là où ceux-ci devraient être moins assurés, c’est dans le cas où l’on pousse un peu cette théorie des spécificités : les peuples africains sont-ils plus faits pour « adopter », même en Afrique, un mode de vie occidental, que les occidentaux déplacés hors d’Europe qui n’ont pu survivre qu’en s’entourant d’un rituel social et technologique vital pour leur mental autan que pour leur physique ?

Nota bene : une personne sagace et d’un esprit critique bien de chez nous me demandait, alors que j’écrivais ces lignes : « Quel rapport avec la Normandie ? »
A priori, aucun. Pourtant, à bien y réfléchir, à l’heure où les Normands bien nés défendent ce qui fait qu’ils sont Normands, nous voyons que certains veulent mettre la science au service de ceux qui nivellent les patrimoines par le bas ; les revues scientifiques nous donnent un son de cloche que les chercheurs eux-mêmes ne comprennent pas. Comme le dit le professeur Cavalli-Sforza dans un entretient accordé à « Science et Vie » (hors-série de décembre 1992), les variations génétiques des individus et des peuples « nous renseignent sur l’histoire évolutive des groupes humains […] on peut ainsi obtenir une sorte de profil statistique d’une population. »

Le rapport est là : la génétique est un patrimoine.

W. Lambert

La fonction loisirs fera-t’elle la mort de la forêt ?

Jamais nos forêts n’auront fait l’objet d’autant de soins.
Jamais elles n’auront été autant victimes de cette nouvelle fonction de loisirs qu’on cherche à développer dans la forêt « profonde ».
Il reste peu de forêts vierges en Europe. Depuis plus de temps qu’on ne l’imagine, utilisées pour leurs ressources, comme espaces à conquérir avant de retourner à l’état de forêt (hors de l’État), les espaces boisés sont des espaces vivants, ce que la modernité nous a appris à oublier. Oubli que la forêt de Brotonne, par exemple, n’a pas toujours existé comme nous la voyons, que les contours des massifs forestiers s’agrandissent et rapetissent. Oubli que la forêt « idéale », la forêt originelle est une utopie, les grandes et belles forêts aux arbres hauts et fiers sont des espaces créés et gérés par l’homme. Oubli que les plus eaux ensembles forestiers ont été plantés de main d’homme voici deux à trois cents ans pour alimenter la construction navale d’aujourd’hui.
La forêt était aussi un espace soumis à ses propres lois, humaines ou « divines » : pâture, cueillette, industrie faisaient la part belle de son entretient ; simples et sources soignaient bêtes et gens.
À l’époque où la rencontre avec l’ours, le loup, le chat et le renard n’étaient pas aseptisées par un commentateur T.V., la forêt était un lieu de vie courant, très éloigné de nos préoccupations idylliques ou hédonistes.
Aujourd’hui, les campagnes se sont dépeuplées, un tiers des populations riveraines se rend une ou plusieurs fois par semaine en forêt – 47% apprécient les petits oiseaux, 80% considèrent que la forêt est menacée par les incendies et qu’en conclusion il convient le limiter les coupes de bois. Cette idéalisation de la forêt ne signifie pas pour autant un retour au sacré ou au merveilleux. Les valeurs éternelles que l’on vient y chercher sont égocentriques, sport, culture que l’on voudrait écologique, pour les plus honorables.

En s’éloignant de la nature, les hommes ont appris à l’aimer, mais à la façon dont on se complait dans l’évocation du souvenir d’une vieille maîtresse dont on se remémore mal les traits imprécis.
Jean Halot

mercredi

Patrimoine et génétique

Chaque fois qu'un homme meurt, ce n'est pas seulement une bibliothèque qui disparaît, selon la formule de Léopold Senghor, c'est aussi une banque de gènes qui s'efface.

Faisant fi des thèses racistes ou anti racistes, les biologistes en sont aujourd'hui convaincus : les chromosomes de nos ancêtres sont aussi précieux que les héritages traditionnels. L'histoire des hommes n'est pas seulement inscrite dans leurs cultures, leurs langues et leurs coutumes, elle est également gravée dans leurs cellules. La molécule d'A.D.N. porte la trace des exodes, des conquêtes, des invasions, de tous les mariages, mélanges et mouvements de population qui se sont succédés à travers les continents depuis la nuit des temps.
Chacune des milliers d'ethnies vivant aujourd'hui sur terre représente une bibliothèque génétique dont on connait à peine quelques pages. Et c'est justement au moment où les chercheurs commencent enfin à déchiffrer ce grand récit biologique, grâce aux nouveaux outils de la science génétique que s'accélère la disparition des tribus isolées et des derniers témoins des civilisations ancestrales, qui, quand ils ne sont pas éliminés par la guerre, la famine et les épidémies, sont absorbés par l'urbanisation et le métissage.
Estimant qu'il y avait urgence, des scientifiques du monde entier ont décidé de réagir en lançant une grande opération de sauvetage… du patrimoine héréditaire de l'humanité. Il s'agit rien de moins que prélever des échantillons sanguins de plusieurs centaines de peuplades menacées.
Objectif : immortaliser leurs cellules en culture et les stocker dans des laboratoires centralisés, où elles pourront être étudiées par les chercheurs d'aujourd'hui, comme par ceux des générations futures... Lorsque les peuplades en question ne seront plus qu'un souvenir « folklorique ».
L'idée a été lancée pendant l'été 1991 dans la revue « Genomics » par une poignée de chercheurs américains menés par le linguiste et généticien Luigi Cavali-Sforza, professeur à l'université de Stanford, et par le biologiste Allan Wilson, de l'université de Beckley, spécialiste de l'A.D.N. des mitochondries (1).
Ce projet, baptisé « HUGO » (2) n'est encore qu'au stade préparatoire. Au mieux, les généticiens ne se mettront à courir après les derniers hommes libres que vers 1994, suivant alors les chercheurs des industries pharmaceutiques.
En effet, les dernières tribus d'Amazonie ne se verront pas seulement spoliées de leurs secrets de la pharmacopée végétale, mais également de leur patrimoine le plus intime : leur héritage génétique.
À la suite de quoi, les « sondés » pourront disparaître en paix sous le béton civilisateur, on en aura préservé le principal.
Ce projet ne manque cependant pas d'intérêt, après recensement des peuples menacés de Papouasie, d'Indonésie ou d'Afrique, les prélèvements devraient s'étendre à la population mondiale.
On s'étonne que nos scientifiques, sociologues et ethnologues, notamment, ne considèrent pas urgente la préservation des gènes des ethnies représentées dans nos villes, ou nos campagnes.
En dehors de ces considérations alarmantes, de telles recherches ne manquent pas d'exalter les imaginations. L'histoire nous a montré la Normandie comme un carrefour du monde nordique. La science génétique nous ouvre des portes nouvelles quand aux diverses origines du peuple Normand. Quel pourcentage de sang saxon, celte, viking, coule dans les veines de nos compatriotes ? Qui peut se réclamer descendant des germains de la mer ? Chez quel individu se retrouve la noblesse des fabuleux Érules (3) qui prirent la mer après avoir été chassés du Jutland par les Danes ? Peut-être pourra t'on connaître enfin l'origine de ce peuple d'Amérique du Nord, les Mandans, aujourd'hui disparu, associé aux Hurons et dont les traits rappellent les colonisateurs vikings de l'an mil ?
En attendant que la génétique nous ouvre de nouvelles pages d'histoire, le projet HUGO nous confirme sans le vouloir ce que nous savions déjà : le besoin vital de préserver le patrimoine génétique des peuples. Pour l'instant, l'action de ces scientifiques ne fera que prélever et classer pour étude ce qui fait qu'un peuple est un peuple. Un pas reste à franchir pour étudier les moyens de préservation physique des ethnies.
En effet, la science génétique ne semble pas encore comprendre que les peuples, dans leurs aspects spécifiques, doivent être respectés au même titre qu'un individu dans son intégrité physique, culturelle et idéologique.
Pourtant, si le projet HUGO veut connaître, par l'étude approfondie de l'A.D.N., l'histoire des peuples, ce n'est pas seulement vers les dernières tribus isolées d'hommes « sauvages » qu'il faut se tourner. Les peuples sont partout menacés, car la définition même de peuple suppose une unité culturelle, une intimité sociale que seuls connaissent les sociétés encore à l'écart du brassage et de la globalisation caractéristiques de la société industrielle.
Lambert

(1) Organelles de la cellule qui se transmettent exclusivement par la mère.
(2) HUman GenOms, génomes humains, budget : 150 millions $ par an.
(3) Dont l'étymologie aurait donné les Jarls norrois, puis les Earl anglo-saxons.

Jacques Gaillot et l'enracinement

« La revendication des cultures, des particularismes est un signe des temps (...)
« Insister sur les particularités nous permet d'être universels. Pour être universels, il faut être de quelque part, d'un pays, d'un terroir, d'une histoire.
« Sans enracinement historique, comment être soi-même, comment confronter son être avec les autres ?
« Il y a un paradoxe : nous avons besoin de nos racines, de notre langue – à chacun son génie – d'être pleinement ce que nous sommes pour être ouverts aux autres. Pour être à tout le monde il faut être de quelque part. »

L'évêque d'Évreux tiendrait-il les mêmes propos pour des Normands, des Flamands, des Savoyards, des Polonais ou des Croates ... ?
Gaillot (évêque)

« Le monde crie, l'église murmure » Syros-Alternatives

lundi

Qu’est- ce que l'identité Française ?

L'identité d'un peuple, d'une Nation ne peuvent être définis sans qu'il soit tenu compte des données ethniques et historiques.

Souvent ethnisme et tradition se sont opposés au travers de deux écoles : l'Allemande et la Française.
D'un côté, Fichte affirme le caractère mono-ethnique de son pays : « l'Allemagne n'est pas une création de l'histoire mais une race primitive qui a le droit de se proclamer, purement et simplement, ‘le’ peuple (ALL MAN) ».
De l'autre côté, Renan rejette la « théorie des deux races » exposée par le Duc de Saint Simon, Boulainvilliers et Michelet. En effet cette théorie aurait dressé, l'un contre l'autre, le peuple supposé d'origine gallo-romaine et la noblesse théoriquement de sang germanique. Aussi Renan préféra poser le principe de la diversité ethnique de la Nation française qui devint « la possession en commun d'un riche legs de souvenirs » auxquels on prête « la volonté de faire valoir l'héritage que l'on a reçu indivis ».

La prétention française à l'universel est une idée, aussi constante que couramment admise par tous les milieux intellectuels et politiques, d'Antoine de Rivarol à Jules Ferry, pour ne citer qu'eux. Cette prétention, héritage vieux de trois siècles, nous fait claironner sur tous les tons et à tous les modes que « Tout homme a deux patries : la sienne et puis la France ». Comment s'étonner ensuite, qu'une « identité nationale » ainsi définie ne conduise pas à la justification, abusive jusqu'à l'absurde, du « jus soli ». Le « droit du sol », soit, mais à l'époque où il a été défini par le législateur quels étaient les circonstances, la nature, l'ampleur et la qualité des flux migratoires ? S'agissait-il de migrants internes aux limites de l'Empire français ? De migrants artistes ou intellectuels, pour lesquels s'instaura, quoiqu'on puisse en penser, le droit d'asile « politique » ? D'artisans qui, sur les mêmes bases identitaires, chrétiennes et philosophiquement compatibles, apportaient quelque chose de plus à l'édifice commun avant de se fondre dans une partie de l'ensemble ?
Ou étaient-ce de simples réfugiés économiques, attirés par la manne que dispense un système social dévoyé, qui en six mois redresse les courbes statistiques démographiques des « nationaux », dont l'utilité véritable ne se retrouve que dans l'apaisement qu'ils apportent aux princes ethnocidaires qui souhaitent prolonger l'existence de leurs gouvernements ?
Nous voyons aujourd'hui, alors que les frontières entre les États d'Europe viennent d'être supprimées, que la confusion perdure. Si nous sommes français, ou allemands … c'est parce que nous le sommes de Normandie, de Bavière ... La volonté suicidaire qui abaisse les frontières intra européennes ne fait que prolonger celle qui hier ne voulait plus voir « cracher par terre et parler breton »au nom de la prétendue « unité du peuple français ».

« L'histoire de son pays est nécessaire pour tout homme éclairé qui ne veut pas vivre comme un étranger dans sa patrie » posait le Chancelier d'Auguesseau.
Si, pour certains, la France « patrie des Droits de l'Homme » est née en 1789, d'autres, non moins dangereux pour nos existences régionales, voudraient conforter l'unicité et l'indivisibilité de son histoire, du mésolithique à nos jours, comme si les dieux anciens avaient devancé la volonté divine des chrétiens en faisant de notre « pré carré » la citadelle d'un destin messianique.
Nous subissons, ici encore, un assaut de l'intelligentsia centralisatrice. L'Église et la Monarchie capétienne, pour assurer leur stabilité politique vis à vis des grands féodaux, se sont cherché des racines auprès de Charlemagne, de Clovis et de l'Empire Romain. Après la défaite de 1870, la république fera du vaincu d'Alésia le premier héros national de notre histoire.
Monnaie gauloise à l'effigie de Vercingétorix

Cette vision romantico-cocardière conduira à l'auto-génocide européen de 1914-1918, Droits de l'Homme oubliés le temps de sauver la Patrie. Mais les millions de morts de toutes ces vaillantes armées ne doivent pas nous faire oublier que Charlemagne « Empereur à la Barbe Fleurie » était un germanique dont le Palais d'Aix la Chapelle est aujourd'hui à Aachen, que Clovis était un Franc donc un Belge, et que, pour en finir, l'Empire Romain, si il a laissé des scories fertiles et civilisatrices, n'en demeure pas moins un phénomène totalement allogène au Nord de la Loire. Accepter que l'on fixe les bases d'une France mythique sur de telles allégations, relève d'une l'élucubration du même ordre que prétendre que, consécutivement à l'occupation « Anglaise » des Plantagenets, Bordeaux est une ville Scandinave !

Lorsque Bernard-Henri Lévy fustige « les communautés de faits d'abord. C'est à dire de ‘race’, de ‘terre’, de ‘terroir’, de ‘région’, de ‘nation’, que sais-je encore, toutes les communautés incarnées (…) dont l'horizon me parait toujours être l'enfermement, la violence et finalement la barbarie » pour magnifier « les autres, les communautés de verbe, de loi, de papier, d'idéal. Des communautés sans ancrage, des rassemblements sans frontières, des identités cosmopolites et toujours transgressives » ; il fait plus que prolonger les vieilles racines du démon jacobin, il apporte surtout la terrible preuve de sa méconnaissance des réalités qui tissent le vieux fond « français » comme celle de son mépris pour ceux qu'il prétend « aimer ». Comment Bernard-Henri Lévy peut-il nier, ou tenter de faire admettre, que les nations, régions, terroirs ou terres habités par des individus, possèdent autant de marques de civilisation transmises par la parole comme par l'enracinement alors que le souvenir quasi mystique d'un terroir propre peut rester vivace jusqu'à justifier une ardente réappropriation qu'aucune sanction ne doit réfréner ? Comment nier que les sociétés, quelques soient leurs lois, subissent les idéaux de leur temps ? Que les Empires, s'ils ont permis des rassemblements par-delà les limites étatiques ou ethniques, n'ont jamais interdit aux citoyens de vivre et de prospérer au rythme de leurs traditions ancestrales ? Comment peut-on oser espérer faire admettre que dans la permanence du chaos, donc de la violence, de la barbarie, qui sont d'authentiques enfermements, l'on puisse maintenir des communautés sans racine, toujours transgressives, puisque qu'elles s'opposeraient aux lois et à la survie des communautés ? Bernard-Henri Lévy confirme par ses propos sa filiation troublante avec ceux qui niaient, hier encore, les particularismes mais se servaient de leurs références (clochers, campagnes, épouses, mères) pour conduire les nations européennes à l'hécatombe ! Il montre, à suffisance, que toutes les façons d'être ennemi des identités françaises, si elles poursuivent des buts différents, se valent et se rejoignent dans leurs méthodes.
Que l'on défende une France pluriethnique et/ou multiculturelle, dans ces conditions exo-centrées, n'est qu'en apparente opposition avec ceux qui s'adonnent à une vision exclusivement autocentrée sur Paris. Leur querelle n'est qu'une dispute sur une question de niveau : les uns tiennent pour l'intégration sur un modèle américanisé, les autres pour un melting-pot ou la carmagnole feraient la farandole avec les rois de France autour de Notre Dame de Paris ou dans les jardins de Versailles. L'un comme l'autre relève du même appauvrissement cérébral. Ne pas savoir s'accepter Breton, Normand ou Picard, c'est ne pas savoir s'aimer Français. Prétendre que vouloir maintenir nos réalités millénaires enracinées dans nos terroirs est une position d'enfermement, plus que vouloir nous rendre étrangers les uns aux autres, nous rend avant tout étrangers à nous même. C'est une confusion regrettable, mortelle pour nos communautés de destin, qui interdit tout avenir européen.

Les exemples de relecture de l'histoire donnent plus souvent lieu à réflexion que de sujets à digressions. Si la France fait partie de l'Europe, c'est parce que, au-delà de sa diversité interne, elle est très majoritairement indo-européenne de peuplement. Dans ce cas il nous faut admettre que notre vision contemporaine de la France, germanique au Nord, latine au Sud, celtique dans son ensemble, est anachronique si l'on accepte de ne la considérer que sous le seul concept de nation développé depuis 1789 dont on ne peut regretter les conséquences tout en défendant les principes.
La France procède de la race indo-européenne, mais ce peuplement s'est échelonné sur une période allant de – 4.000 à – 3.400. Cette longue période a permis aux hommes de s'intégrer aux paysages qu'ils ont façonné, aux autres peuples qui occupaient antérieurement notre espace européen, avec plus ou moins de bonheur pour les premiers occupants, et de recréer des îlots de particularismes. Ce sont ces espaces et ces hommes qui ont créé les regroupements tribaux, ces nations qui s'appliquent à prouver une filiation des individus avec un héritage moral et spirituel plus que matériel, à leur sang, à leurs œuvres et qui perdureront au moyen-âge avec, par exemple, la Nation Normande au quartier latin de Paris. Les patries, terre des pères, existent, complémentairement aux nations, et sont l'héritage matériel d'un patrimoine fruit du travail ou du génie créateur.
Cet essai de définition de nation et patrie posé, nous tiendrons pour admise la notion de Nation aux peuples européens avant l'invasion romaine ou aucune trace d'un quelconque destin commun propre à l'hexagone n'a pu être révélée. La défaite d'Alésia montre, au contraire, que la Gaule n'était pas la France telle que nous la concevons, mais une fédération informelle de peuples celtes dont le modèle se retrouvait de l'Irlande au Piémont et de l'Ibérie à la Belgique. L'action « civilisatrice » de Rome, puis la pénétration du christianisme, respecteront ces espaces dénommés pagi pour la circonstance. En 280, l'empereur Dioclétien jettera les bases d'une nouvelle entité administrative, la Seconde Lyonnaise. Où les pagi deviendront diocèses d'Église. Donc, virtuellement, la Normandie existe dès le IIIème siècle, la France pas encore. Cette dernière ne deviendra potentielle qu'avec l'arrivée de « barbares » ayant à leur tête Clovis, chrétien jugé « païen » car épousant les dogmes d'un prêtre hérétique d'Alexandrie (Arius). Mais l'arrivée des francs n'est pas pour autant la création d'une entité France. Les domaines sont mouvants pour cause de partages lors des successions, et il existera simultanément plusieurs Francie, mais toujours une seule Seconde Lyonnaise. Charlemagne fut un empereur d'Occident préoccupé de la « défense » de ses marches, même maritimes, mais en Neustrie existait une colonie saxonne dans le Bessin et en 987 le royaume capétien tenait plus d'une succession de fiefs, parfois reliés entre eux, et d'une clientèle mouvante, que d'une véritable entité territoriale. Il faudra attendre la fin de la Guerre de Cents ans pour que l'on parle enfin de royaume de France. Et l'idée d'uniformité fit lentement son chemin dans l'oubli d'une pucelle bourguignonne qui devait devenir, très tardivement, un des symboles de l'unité française. Reconnaissance de circonstance, Jeanne d'Arc ne sera canonisée que six siècles après son supplice, au même titre que Vercingétorix sera le saint de la France laïque et revancharde d'après 1870 … Mais d'unité française point encore, puisque les féodaux, au siècle de Louis XIV, menaient la Fronde pour préserver leurs privilèges (entendez particularismes).

Donc, de – 4.000 au XVIIème siècle pas de France-Une-etc., pas de pré carré, fût-il capétien, cette notion sera créée par Louvois pour justifier la politique rhénane du Roi Soleil. Pas de France comme nous la concevons, appauvrie, triste, uniforme, américanisée, mais des Nations reconnues jusqu'au 4 août 1789. De ces Nations qui participaient à enrichir cet esprit qui partout nous caractérisait, sans jamais nous renier, aux yeux de nos voisins. Ne serions-nous devenus français que par rapport au reste de l'Europe ? Vouloir, à partir de cela, faire de la France une personne bien réelle, par ses monarques, puis une divinité laïque relève du fantasme. Que l'originalité des cultures fédérées sous l'appellation générique de « culture française » ait ébloui, avant de leur servir de modèle, toutes les cours d'Europe n'empêchera jamais de nous souvenir que ces richesses trouvaient leurs racines dans nos provinces, héritières de patrimoines particuliers érigés sur un vieux fond commun d'habitudes bordurières.
François Delaunay

dimanche

Betterave pour Alain Genestar

Habituellement nous réservons nos betteraves à ce qui se produit chez nous, en Normandie, mais le discours de certains « intellectuels », qui, de Tchernobyl en Timisoara, font et défont l'opinion et la morale, est tel que nous ne pouvons laisser ignorer le caractère totalitaire de leurs apriori.

La betterave de l'année est attribuée à Alain Genestar pour son éditorial publié dans le Journal du Dimanche du 12 avril 1992.

« Messieurs les intellectuels votre colère conforte les thèses xénophobes du Front National. Reprocher à l'Amérique d'envahir la France c'est inciter à la fermeture des frontières. C'est dire non à tout ce qui vient d'ailleurs. Et au nom de quoi ? (...) Au nom de notre culture « nationale », le vilain adjectif, anti culturel. La culture est le résultat d'un brassage de toutes les cultures.
Les États Unis sont impérialistes, leur puissance écrase tout, Euro Disney est un Tchernobyl culturel ? Si Bécassine n'a pas le succès de Minnie on peut se consoler avec (...) nos « produits » modernes d'exportation culturelle. Euro Disney est fantastique, plus beau, plus grand, plus magique qu'Astérix. Pourquoi s'en priver.
Mickey n'est pas Américain, Tintin n'est pas Belge, Molière n'est pas Français, Shakespeare n'est pas Anglais, ils sont universels.
Partout sur la terre, les enfants de toutes les couleurs apprennent à l'école « Tartuffe » et le « Roi Lear ».

n.d.l.r. «RUNES» n'a aucun grief contre Bécassine, quoiqu'on puisse reprocher à sa prétendue niaiserie d'avoir enflé la tête des parisiens, quand à Astérix, le pauvre n'a obtenu aucun sesterce de l'État « gaulois » pour construire les accès routiers de son Parc.
On mesure le professionnalisme et l'impartialité du journalisme contemporain avec ce poulet qui masque mal l'origine de son odeur puisque dans le même numéro du « Journal du Dimanche » une pleine page de publicité permettait à Disney and C° de remercier « tous ceux qui ont rendu possible l'impossible ».

jeudi

La reconstruction de la ville du Hâvre

Fondée en 1517 par le roi François Ier, la ville du Hâvre s'est beaucoup développée au cours de la seconde moitié du XIXème siècle.

Aux vieux quartiers Saint François et Notre-Dame s'étaient ajoutés :
     -- le Centre Administratif et le Quartier des Affaires situés dans un périmètre délimité par la Gare, la sous-préfecture, la Bourse, le Bassin du Commerce et l'Hôtel de Ville,
     -- une partie commerçante et culturelle avec la rue de Paris, les musées, le Théâtre et le quartier des Halles Centrales,
     -- une partie résidentielle, quartier Saint Joseph, boulevard François Ier, boulevard Foch et Jardin Saint Roch.

La seconde guerre mondiale a été cruelle. Après de nombreux bombardements, allemands en mai-juin 1940 et alliés à partir de septembre 1940, le centre ville a été anéanti, le 5 septembre 1944, par des milliers de tonnes de bombes. Cent cinquante hectares étaient rasés. Seule la sauvegarde de l'église Notre-Dame pouvait être envisagée.

À soixante et onze ans, Auguste Perret, un des grands maîtres du béton armé, fut alors nommé Architecte en chef de la reconstruction. Autour de lui s'est constitué un atelier composé de dix-huit architectes choisis parmi ses disciples.
En septembre 1946, le plan d'urbanisme est adopté. La densité de différents quartiers est rééquilibrée. Le plan-masse est constitué d'Îlots implantés et construits selon une trame carrée de six mètres vingt-quatre.
Chaque îlot est étudié en fonction d'un ensoleillement maximal et d'une protection contre les vents dominants.
La réalisation a nécessité une politique nouvelle de remembrement et de copropriété. Les propriétaires sinistrés sont regroupés au sein de la Société Coopérative de Reconstruction François Ier.

 En mars 1947, commençait la construction des I.S.A.I. (Immeubles sans affectation individuelle) situés au Sud de l'Hôtel de Ville.
II s'agit d'un ensemble constitué d'immeubles bas et de six tours où Perret a mis en œuvre ses théories.
Construction d'une grande ordonnance de volumes sobres bien affirmés ayant la tenue et la sûreté des proportions d'une œuvre classique. Adoption de modules adaptés à l'échelle de la ville et des logements.

L'ossature, traitée en béton bouchardé, est agrémentée de colonnes avec chapiteaux très stylisés et de balcons continus harmonieusement répartis sur la hauteur.
Les remplissages sont constitués de cadres de baies et de plaques de béton colorées par des agrégats noyés dans la masse.
Avec l'Hôtel de Ville et sa tour de cinquante mètres de hauteur, achevé en 1958, quatre ans après la mort d'Auguste Perret, il y a création d'un grand ensemble harmonieux avec des bâtiments qui se découpent dans un ciel célèbre par ses coloris variés.
Les îlots de la rue de Paris, du front de mer Sud, de l'avenue Foch, et de la Porte Océane sont construits selon le même principe, mais sont marqués par la personnalité des différents architectes.
La tour de l'église Saint Joseph qui atteint cent six mètres de hauteur met un accent sur cette reconstruction exemplaire d'une grande unité, exempte de monotonie.

Pendant les travaux et après l'achèvement, en 1963, l’œuvre a fait l'objet de nombreuses publications. Des visiteurs français et étrangers sont venus pour admirer cette ville nouvelle considérée comme la plus grande réussite de la reconstruction française.
II fallait faire vivre cette œuvre harmonieuse, cartésienne, d'aspect un peu froid et austère, réalisée en quinze ans.
La ville n'a pas connu le développement espéré.
Depuis quelques années, des dispositions sont prises pour donner de l'animation.
Les abords de la place de l'Hôtel de Ville se transforment, la rigueur et l'unité disparaissent.

II y a un équilibre à trouver pour donner, sans le défigurer, de la chaleur à cet ensemble architectural qui est une réussite et qui doit servir de centre de développement de la cité magnifiquement située dans un cadre apprécié des artistes.
Jacques NEUVILLE

mardi

Sur un fond de campagne normande

L'élection au suffrage universel des Conseils régionaux ferait figure d'actualité dans l'histoire de nos coutumes. Décrire notre dépit avec de simples mots serait faible eu égard a ce que nous ressentons après cette « campagne ». Force est d'admettre que l'attitude de la classe politique, tous partis confondus, a apporté la preuve que la pratique de la chose régionale chez ces gens là est à leur image :

NULLE

Août 1985, dans l'Unité normande, un article rappelait l'essentiel d'un avenir régional Normand :

Unité Normande d'abord !
« C'est la priorité de notre combat régionaliste. Et quand bien même la réunification ne serait pas la panacée à tous les maux qui tuent la Normandie, nous savons que c'est la condition sine qua non de notre redressement ».

En 1986, Yves Loir, secrétaire du Mouvement Normand, faisait sensation en déclarant que les élections régionales constituaient un non événement ! Sauf de façon anecdotique, le débat régional a été aussi inexistant qu'il y a six ans et pendant leur premier mandat nos élus ont montré leur incapacité à réaliser tout ce qui était vital de promouvoir pour l'avenir de notre région.

En mai 1986, Didier Patte, président du Mouvement normand, soulignait que les élections régionales n'avaient pas permis que se posent les termes d'un débat régional parce qu'elles se déroutaient en même temps que les élections législatives, avouait ses craintes dans la mesure où la région était la structure de décentralisation la moins puissante, la moins ancrée dans l'esprit des citoyens...

La dernière campagne, polarisée par des débats à connotations idéologiques ou prospectives, étrangères au cadre régional, confirme les propos d'hier, hypothèque lourdement l'avenir de la Normandie.

Culture, agriculture, désertification de l'espace rural, emploi, formation, développement, élargissement des pouvoirs des régions – lesquelles se substituent de plus en plus à l'État – sont autant de thèmes que nous n'auront pas eu le plaisir de voir développés pour que nous puissions nous déterminer, enfin, sur notre avenir Normand !
Malgré son souci à se vouloir l'« élue du peuple », la classe politique se montre, plus que jamais, décidée à ne pas prendre fait et cause pour cette Normandie qui fait notre caractéristique.

« Quand on dit le peuple, aujourd'hui, on fait de la littérature, et même des plus basses, de la littérature électorale, politique et parlementaire »
« Il n'y a plus de peuple. » disait Charles Péguy.
François DELAUNAY

vendredi

Week-end en forêt de Brotonne

Les 16 et 17 novembre, Pierre Hensel – forestier notoire – a accueilli une dizaine de participants et leurs familles, pour une découverte « sur le terrain » de la forêt Normande.
Après une rapide présentation de la Forêt de Brotonne, une visite de différents sites permit d'illustrer les exposés que notre hôte commet mensuellement à Rouen. En fin de journée ; une discussion animée, autour de grillades et d'un pot amical, trouva son issue dans la définition d'un prochain numéro « Hors-série » de Runes, consacré à l'environnement, rural et forestier Normand.
Le lendemain nous conduisit sur les sites Gallo-romains de la Forêt de Brotonne : cimetière et villa furent l'objet d'une visite attentive. Un déjeuner « fin » prolongea la réunion jusqu'à l'heure de la séparation et nous nous promîmes un prochain rendez-vous.
Jean Halot