On trouvera ici, pour l'heure, les textes de Runes-Lettres d'O.D.I.N.
qui, à terme, seront complètés des réflexions du groupe de
travail de l'O.D.I.N.-76, de sa création jusqu'à sa dissolution en 1996.



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mardi

11ème centenaire de la Normandie

Ce mardi 17 mai [2011], fête nationale de la Norvège, nous avons assisté, narquois, à une pénible parodie d’hommage « de rattrapage » effectuée à la volée et sans trop de conviction de la part du Maire de Rouen. Madame le Maire de Rouen nous a entretenus de vagues manifestations « colorées » de viking pour cette année sans plus s’appesantir sur la vacuité de son programme culturel qui aurait du être une fête de la mémoire avant de nous rappeler que les liens entre la Norvège et la Normandie existaient toujours puisque Rouen importait encore du bois de Scandinavie !

Si les Norvégiens du Lycée Corneille de Rouen et de la Faculté n’étaient venus, ç’aurait été une maigre petite cinquantaine de participants que nous aurions pu compter... y compris les Normands des associations qui ont répondu présent à notre appel : la Vague normande et le Bloc Identitaire, le Parti de la France et le Front national, la Causerie normande, des sympathisants et votre serviteur, (soit une vingtaine de personnes et donc vingt pourcent de cette prestigieuse assemblée) et seuls a faire fièrement flotter nos drapeaux normands en amicale réponse aux étendards norvégiens !

Nous aurions aimé compter dans nos rangs le Mouvement normand mais son inamovible président ayant manifesté sa préférence auprès du premier magistrat de la cité pour la distribution de petits fours qui s’ensuivait nous nous sommes passé de son patronage. Comme le disait un certain chant très célèbre, dans un couplet il est vrai aujourd’hui très occulté : « nous n’oublierons pas que nos balles sont pour nos propres généraux » (surtout lorsqu’ils sont d’une telle farine) ; exit donc les contre soixante-huitards en peau de pantalons... retournée. Sans un regard pour nos drapeaux, Didier Patte, son militant rouennais et leurs épouses suivirent benoîtement les édiles rouennaises tout en ignorant avec superbe les vrais normands qui attendaient que la police de madame le Maire les autorise à rendre un véritable hommage au père fondateur de la Normandie.



GANGER HRÔLFR, Jarl, fils de Jarl, Aventurier, banni, toi qui a marqué pendant 300 ans notre terre de Normandie.

ROLF, intrépide, ombrageux et querelleur, barbare, païen, pillard, seigneur de Rouen, premier duc de Normandie, qui a pris cette terre à bras le corps pour la hisser au niveau des grandes puissances qui défient l'histoire.

ROLF, toi qui nous marque encore du fier nom de Normands.

Beaucoup dénoncent ta condition de pillard, peu savent que tu as été mieux que cela.

À l'automne de l'an 911, le roi des Francs te confirme la propriété de cette terre déjà normande. Dès lors se concrétise une lente imprégnation de 200 ans où celtes, saxons, vikings mais aussi germains et francs vont s'affirmer sous les effets du révélateur nordique qui caractérise si bien notre vieille Duché.

Loin d'être un païen primaire, ou un pillard assoiffé d'or et de sang, ROLF se révèle un puissant organisateur. S'il ne renie pas ses traditions, sa terre est partagée " au cordeau " entre ses fidèles, sa conversion au christianisme lui apporte le soutien de l'Église. L'ordre chrétien, l'armature féodale, l'audace scandinave, irriguent le tissu social du premier État moderne européen.

Sa volonté avouée d'instaurer l'ordre normand dans les pays réputés normands, sa position d'arbitre et de gardien des lois incite les scandinaves à venir le rejoindre en Normandie pour participer à son entreprise.

Guerrier et connaisseur du prix des combats, il gère avec une fougue sourcilleuse la sécurité des biens et des personnes. À l'intérieur de la Duché de Normandie, la paix du duc est une garantie de stabilité et de développement d'inspiration normande.

ROLF réussit le pari de transformer une aventure en destin. Mais quel destin ! Les Normands de la mer deviennent en 20 ans des Normands de la terre au moment où la Neustrie se transforme en Normandie.

Cette Normandie si féconde qu'elle enverra ses fils conquérir des royaumes en Sicile, en Angleterre, en Orient, aux Canaries et c..

ROLF, le reître, le soudard a su comprendre que sans une assise large et solide, l'aventure normande serait terminée 150 ans avant Hastings !

Honorer ROLF flatte notre orgueil !

Mais son exemple est politique, pratique et réaliste.

ROLF et ses compagnons ont conclu un marché avec l'histoire.

Leur adhésion au système carolingien est une formalité, ils ont gardé pour première religion la confiance dans leur propre pouvoir.

De 911 à la mort de ROLF, cette première génération de Normands a su créer cet élan dont le dynamisme ne tarira pas.

Marins et guerriers n'ont jamais cessé d'être paysans et marchands, aimant gagner dans tous les sens du terme.

Sages et fermes, les successeurs de ROLF ne déméritent pas tant qu'ils défendent qu'ils sont avant tout Normands, d'où qu'ils soient de Normandie.

Le destin, le génie des Normands ne sont jamais si grands que lorsque leurs chefs sont ambitieux pour leur peuple, leur terre.


Ceci a déjà été dit ici, à Rouen, le 15.04.1991 !


20 ans après… il faut bien le reconnaître, cette profession de foi reste une liste « à la Prévert » !

Où en sommes-nous ?

Alors que toute la Normandie fête son onzième centenaire, la ville-phare, enfin celle qui se revendique telle, reste en marge de la liesse qui devrait être unanime dans toute la Duché !

« Rouen, capitale de la Normandie », ne serait qu’une vaine velléité ?

Non ! Hélas… Cette cité autrefois orgueilleuse néglige de fêter Guillaume, « oublie » Corneille et ignore aujourd’hui le souvenir de sa fondation !

Ce n’est pas un simple signe de faiblesse, c’est l’affirmation silencieuse que, si notre terre normande intéresse certains pour des raisons qui nous répugnent, les normands sont devenus indésirables chez eux !

« On a les élus que l’on mérite », c’est le principe même du système dans lequel nous vivons, à nous tous d’en tirer les conclusions et les conséquences qui s’imposent.

Ces horzains infligent à l’agglomération « Belle au bois dormant » leurs volontés révisionnistes de notre histoire, mais aussi, et encore plus, négationnistes de notre existence. Et il ne s’agit pas que de festivités mémorielles ! Où sont les moyens qui autorisent les Normands à vivre et travailler en Normandie ? Quels sont leurs bilans ? Une normalisation de démocratie « populaire » insidieuse et silencieuse étouffe toute volonté d’exister à ceux qui ont hérité d’une histoire que bien des États nous envient. Nous ferons l’économie de la liste des faux amis, des vrais ennemis et des fossoyeurs de notre histoire normande. Comme l’aurait pu dire maitre Pierre (Corneille) « le flux les apporta, que le reflux les emporte ». Mais la question demeure : qu’ont-ils fait de notre héritage ?

La Normandie c’est onze siècles d’histoire : plus que la France ou l’Angleterre, par exemple.

La Normandie c’est une multitude d’hommes et de femmes qui ont contribué à la vie et au développement de notre histoire normande, française et européenne. Pas de cette Europe de bureaucrates auto-désignés pour des intérêts qui n’ont jamais été les nôtres, ni même un quelconque intérêt général européen. Mais de cette Europe de l’esprit et de l’intelligence, du travail et des batailles, des campagnes et des beaux-arts.

Parce que cette Europe, tout comme la France, tout comme la Normandie, puisque c’est de notre histoire propre qu’il devrait être question aujourd’hui, s’est patiemment construite sur l’intelligence, la volonté, le travail et la sueur de nos prédécesseurs.

Et c’est bien pourquoi ceux qui nous gouvernent aujourd’hui entendent ne pas fêter ce genre d’anniversaire : venus de partout et de nulle part ils n’ont pour seul but que de nier les causes de nos richesses accumulées par des années d’efforts afin d’en mieux profiter en nous en spoliant, tout comme ils nous confisquent les manifestations qui devraient rappeler à tous que ce travail est notre héritage normand.

Si nous nous contentons aujourd’hui de fêter ce onzième centenaire de la fondation de la Duché, ç’aura été une manifestation sympathique, certes, mais juste une aimable réunion du souvenir.

La Normandie est une patrie et c’est même celle que nous avons hérité de nos pères, c’est de notre identité en tant que peuple normand qu’il est question aujourd’hui.

La question est maintenant : que faisons-nous de notre héritage ?

Thor Aïe !

Rouen, le 17 mai 2011.


Un toast a été porté à la mémoire de notre premier « Duc de Normandie » avant qu’un appel à se retrouver ce samedi 21 mai, toujours dans ces Jardins de l’Hôtel de Ville de Rouen, entre la statue de Rollon et la pierre de Jellinge, pour un pique-nique informel et spontané, afin que tous ceux qui n’ont pu se libérer un jour de semaine, aux heures de travail pour la plupart, puissent célébrer ensemble cet anniversaire normand.

dimanche

Privés de culture ?

Rouen et les Cathédrales de Monet, au Musée des Beaux Arts de Rouen, ont accueilli le 12 août 1994 leur 50000ème visiteur. Monsieur le conservateur s'est félicité et espérait que l'objectif des 100000 entrées serait atteint avant la mi novembre, date de clôture de l'exposition. Monsieur le conservateur est un homme comblé : c'en est même trop beau...
L'envers de la médaille est que, depuis la rénovation des locaux, les rouennais payent l'entrée de leurs musées au même prix que les touristes, malgré les 4 millions de francs d'entrées réalisées grâce à Monet ! Les touristes seront donc statistiquement de plus en plus nombreux à visiter les monuments rouennais.

vendredi

Metro, c'est trop...

Depuis l'idée géniale d'Albertini, à l'époque Président de la Commission des Transports au S.I.V.O.M. de Rouen, l'ardoise est une valeur en hausse dans l'agglomération rouennaise.

Qu'on en juge, de 1993 à 1998 la participation des communes à cette vénérable institution connaîtra une croissance de 11 % l'an (onze pour cent). Que l'ex-plus-jeune-premier -ministre-de-France soit devenu le Danube de la pensée du développement local n'y changera rien, le prix des fouilles archéologiques, l'indemnisation des commerçants en faillite, nous laissent penser que cette petite plaisanterie n'a pas fini de se porter au mieux sur le dos des (con)tribuables.

1990 : 1,9 milliards de francs,

1994 : 2,4 milliards de francs,

une petite prolongation électoraliste vers le Madrillet ? 490 millions de francs,

un complément artistique des stations de métro ? 600 000 francs, que les taggers pourront à loisir recouvrir.

Le somptuaire est décidément une maladie d'élu, lorsqu'ils ne s'enrichissent pas en polluant le sang de leurs administrés, ils savent leur faire rendre de l'eau.

mercredi

Les villes,les départements et les régions au secours de l'État.

Confortement des quais de la Seine
Participation de la ville [de Rouen] :
« La ville participera, à hauteur de neuf millions de francs, à la consolidation des quais rive droite de la Seine, entre la section actuellement en travaux (en aval du Pont Guillaume le Conquérant) et le môle des bassins Saint Gervais, soit environ deux kilomètres. »

Lesquels kilomètres sont administrés par le Port Autonome, c'est-à-dire l'État !

M. Paul Caron, député, s'interroge sur les dépenses d'aides médicales liées au R.M.I. en ces termes :
« Ce nouveau système pèse sur les finances locales, et en particulier sur celles du département dont les dépenses d'aides médicales sont accrues de vingt-cinq pour cent ».

Alors que selon la loi de 1992, les départements n'ont aucun contrôle sur ces budgets ainsi distraits par l'État.

M. Daniel Colliard, élu régional et député, s'alarme à propos de la pêche :
« La situation est grave et plonge dans le désarroi des milliers de professionnels sur nos côtes ... Ils se retrouvent couverts de dettes. Ce sont les économies régionales qui sont frappées au cœur. Beaucoup reste à faire pour le secteur de la pêche, comme pour l'ensemble du monde maritime. »

L'ennui, c'est que la France n'a jamais voulu saisir l'intérêt de sa façade maritime, alors pour ses régions ...

Indécence, insolence ou imbécillité ?

Entre les épithètes il n'est pas facile de choisir, et l'heure commanderait plus à la concertation et au regroupement de nos énergies qu'à leur dispersion. Mais il y a des idées, des paroles qui confinent à la trahison des intérêts normands. Que la Normandie ne soit qu'un mythe au regard de quelques parachutés de tous poils, peu nous chaut, nous les tenons et les combattons pour ce qu'ils sont : des horzains. Mais que, dans nos propres rang, des normands se mêlent à la curée nous navre et nous révolte !
Qu'à cela ne tienne, nos messieurs préfèrent jouer l'air des querelles intestines entre Caen et Rouen, organiser quelques colloques où tout ce qui avait déjà été dit l'est à nouveau, de sorte que, la réunionite devenant plus importante que le but assigné, ils se trouvent au moment du Plan sans avoir rien avancé de leurs doctes travaux.
Alors reviennent les vieilles lunes, celles qui dispersent les efforts que les deux demi régions font pour se retrouver, pas trop vite, mais l'idée fait son chemin. Les exclus des prébendes n'ayant plus de moyens de manifester leur puissance, refont leur apparition. L'Observatoire de Prospective, puisque c'est de lui qu'il s'agit, ayant vu partir en fumée son désir de réaliser l'unité de la haute Normandie et de la Picardie, a voulu relancer le débat au mois de mai 1993, en l'Hôtel des Sociétés Savantes de Rouen, avec un dénommé Germond, qui présentait son chef d'œuvre de géographe autorisé, puisqu'il enseigne à la faculté de Rouen. Les thèses de ce monsieur sont simples, sinon simplistes, et il est navrant que de telles élucubrations aient pu susciter tant d'émoi. Selon ce personnage, la « haute »-Normandie se trouve devant deux horizons (sic), le premier est Paris, le second c'est au lecteur de le trouver ... (de qui se moque-t-on ?) Car, Paris est une chance pour la Normandie plus que pour les autres régions, à condition que, comme au judo, les normands jouent sur leur agilité pour entraîner leur puissant voisin, (ben voyons, au lieu de laisser tomber Paris, nous tomberions avec !)

Pour les attardés, précisons que la Normandie n'est pas dans l'Arc Atlantique parce qu'elle n'a pas de plan routier, ni de zones franches, tout au plus devons-nous déplorer que l'on exploite sans vergogne ses gravières et qu'on y importe des petits vieux. Émaillant son exposé de propos dénotant un mépris certain : « le Limousin et la Corse sont au-dessous de zéro, la « haute »-Normandie égale la Corse et le Limousin pour les décentralisations ! » voire une insolente ignorance pour un si grand géographe qui compare la faiblesse des moyens de la « haute »-Normandie à « la force d'une région comme la Rhénanie ou la Belgique ». Ce ne fut qu'un vibrant plaidoyer pour que nous acceptions le principe d'une Normandie parisienne, plutôt que de devenir parisiens petit à petit.
Ces propos furent repris un illustrissime caennais, François Geindre, qui ne se trouve être « que » maire d'Hérouville-Saint-Clair, qui est si près de Caen dont il voudrait être le chef de file au SIVOM, pour faire pendant à son ami Laurent de Rouen ? Aussitôt, par l'aubaine alléché, notre troisième couteau se rue dans les colonnes de Ouest-France, où les dirigeants rennais sont trop heureux de trouver une cloche qui donne un son flatteur pour les oreilles des managers d'un Arc Atlantique enfin débarrassés de Rouen. Car, pour Geindre comme pour ces messieurs, Rouen est, horror referens, la cité des perditions d'emparisianisés dont il faut se défaire avant que la Normandie, en recouvrant ses esprits, ne prenne une trop belle place dans cet Arc Atlantique qui veut bien du littoral normand pour mieux défendre sa cause, mais ne l'irriguera des subventions reçues qu'à la manière d'un certain comité pour le développement du tourisme dans l'ouest qui ignora superbement ... le département de la Manche venu faire cavalier seul en si avenante compagnie.
François DELAUNAY

mardi

Bernard Frau crée l’E.D.E.N.

Le vert est dans le fruit !

Le vert solitaire du Conseil régional doit se déplacer dans les milieux pas toujours cohérents, et n’est pas facile à suivre…

Après avoir tenté de doubler Fabius, puis s’être fait doubler par Brice Lalonde, voici que Bernard Frau revient du côté de chez Laurent, sans être du côté de Fabius puisqu’il dit oui à Rocard et présente des candidats sans faire acte de candidature.

Comprenne qui peut…

Avec Bernard Frau, un seul vert et bonjour les dégâts !

vendredi

1994 ARMADA

Du 10 au 17 juillet 1994, Rouen remet ça !

On ne soulignera jamais assez la place que «la mer » occupe dans l'imaginaire des rouennais. Malgré son éloignement de la houle Rouen affirme son attachement à sa vocation maritime.

Après « les Voiles de la Liberté » en 1989 et le succès de « Brest 92 », les quais de Rouen accueilleront pendant quatre jours « l'Armada de la Liberté » et montreront la volonté que les normands ont de maintenir une tradition Maritime.
J.-F.B.

Rouen, c'est ton port que l'on assassine !

Reconnu sous Louis XIII pour son dynamisme lors de la première exposition coloniale, le port de Rouen se meure, le laisserons-nous mourir ?
Jusqu'en 1945 les activités fluviales et maritimes faisaient leur rencontre au sein de la ville. La Seine, fond d'estuaire pour les uns, ouverture vers Paris pour les autres, était le premier boulevard de la capitale de la Normandie.
Aujourd'hui, Port Autonome oblige, mais qu'est ce qu'un Port Autonome sinon une structure indépendante de son contexte, l'activité portuaire est excentrée vers l'aval et se spécialise dans le chargement de céréales, dont on considère qu'elles constituent son fond de commerce... Le problème des céréales est qu'elles sont exportés à 70% dans un cadre qui s'apparente à de l'aide humanitaire. Bel exemple de dynamisme que l'on compense par le remblai de la moitié du bassin aux bois, tandis que les quais s'effondrent sans que les responsables du Port Autonome envisagent de conserver son aspect «civilisé » aux rives de la Seine aux portes de Rouen.
Une preuve supplémentaire à apporter au dossier de la décentralisation ; la régionalisation des structures que l'État n'a plus la volonté de maintenir malgré les nombreuses années de profits.
François Delaunay

jeudi

Histoire du Hâvre et de l'Estuaire de la Seine

L'histoire du Hâvre – et son avenir – est indissociable d'une connaissance de l'Estuaire de la Seine. Il s'agit, avant tout, d'un mouvement dialectique entre une ville nouvelle et un environnement d'abord rétif, puis conquis, enfin dépendant de l'activité de la cité et de son port.
Ville nouvelle, Le Hâvre l'est assurément. Elle garde de sa création tardive par le roi François Ier et ses ingénieurs, l'Amiral Bonnivet et le gouverneur Du Chillou, puis plus tard, l'Amiral de Coligny, Richelieu et Colbert, le caractère d'une intruse dans le tissu des villes et cités normandes... Mais c'est aussi l'une des rares réussites de ce type. Le Hâvre n'est pas une création ex-nihilo, une ville-champignon à l'américaine : c'est une ville nouvelle dans « un monde plein » et sa réussite en est d'autan plus remarquable !
Remarquable encore est le fait que, longtemps confinée dans le rôle stérilisant d'une place militaire, longtemps tenue en tutelle par les marchands et armateurs rouennais, Le Hâvre soit parvenue, comme l'éclosion d'un bourgeon au printemps, à surmonter ses handicaps, se libérer des pesanteurs et, enfin, se lancer à la conquête de l'océan.
On ne sait s'il faut plus louer la ténacité d'une population qui jamais ne désespéra, ou s'il faut s'extasier sur les « chances » exceptionnelles d'un site promis à un tel destin… C'est la saga des négociants et des notables hâvrais qui, pendant le XIXème siècle, firent de la cité et de son port la Porte Océane. Mais c'était aussi une vile éminemment populaire et c'est justement par son petit peuple que Le Hâvre a acquis une identité au XIXème et aux XXème siècles : elle plaît ou elle déplaît, mais c'est un fait et il y a une indiscutable continuité entre son refus du Second Empire et son monolithisme politique d'aujourd'hui.
Monolithisme dont les contrepoints ont nom René Coty, Pierre Courant et tant d'autres qui ont appris à composer tout en s'opposant.
L'histoire a constamment ponctué l'aventure hâvraise – et, en cela, c'est une ville nouvelle tout à fait originale dans la mesure où elle n'est pas sans passé comme ses homologues d'outre-Atlantique – et des bombardements anglais du Grand Siècle jusqu'à l'écrasement de 1944, cette « ponctuation de l'histoire » ressemble à un véritable pilonnage. Cependant, la ténacité des habitants et la pesanteur d'un destin inscrit dans la situation géopolitique de la cité ont permis au Hâvre de devenir la métropole qu'elle est aujourd'hui.
On en arrive naturellement à s'interroger sur l'avenir du Hâvre : Le Hâvre sera la métropole d'avenir de la Normandie ou la Normandie ne sera pas. Tant pis pour certains rouennais qui éprouvent des nostalgies désuètes, rêvant encore à l'époque où ils pouvaient, par leur seule pression, tenir Le Hâvre dans une juteuse dépendance : ils laissent passer leur propre chance.
En effet, Le Hâvre, c'est l'Estuaire, c'est la Basse-Seine. Non pas la Basse-Seine des années soixante, celle qui était ordonnée autour de Rouen et qui a échoué dans le marasme actuel. II s'agit de la Basse-Seine de l'an 2000, dont Le Hâvre sera le phare et la locomotive.
Belle leçon de prospective, et s'il en est pour douter, qu'on veuille bien accueillir comme un signe déterminant l'attitude de la plus vieille institution qui demeure, l'Église, qui, la première, en élevant Le Hâvre au rang d'évêché, a compris qu'il s'agissait d'une métropole du présent et de l'avenir.
Didier Patte

mardi

Betterave

Bougez avec la Poste !
Délocalisations ... à rebours

Louis Mexandeau [à l'époque ministre de La Poste et député du Calvados] se trouvait chagrin de voir la direction Normande de la Poste tenir son siège à Rouen.
Pour se consoler d'une telle infortune, notre bonhomme insista pour qu'on lui accorde sa direction régionale à Caen. Bel exemple de réalisme idéologique, mais non commercial, puisqu'à l'heure des résultats les directions régionales de « basse » et « haute » Normandie sont rattachées à Rennes et Lille.
R. Deliou

Vème festival du film nordique à Rouen






30 films programmés, 10 en compétition, deux hommages : toujours les Baltes avec la Lettonie, et Ingrid Bergman aimable figure de proue du film scandinave.

Une seule ombre vient atténuer notre enthousiasme, Jean Michel Mongrédien persiste à ne vas vouloir associer le label Normand à « son » festival. Donc Rouen n'est qu'en France, et l'absence de drapeaux Normands sur les ponts de la capitale régionale claque comme un affront à notre fierté.
Jugez, la ville de Rouen, le Conseil général de Seine-Maritime et le Conseil régional de « haute »-Normandie financent les trois quart de la manifestation.
C'est un camouflet pour M. Lecanuet qui ne voulait pas que sa ville soit une perle de la couronne parisienne. Il appréciera, tout comme nous, cette absence de référence normande de la part de quelqu'un qui bénéficie de nos impôts et nous accorde son mépris !

N'en déplaise à son organisateur, le festival du cinéma Nordique se passe bien en Normandie !
Gilles Lefèvre.

De la forêt en Normandie

L'histoire de la forêt est bien connue sous nos latitudes, et si il reste à éclaircir les raisons de sa présence en des lieux plutôt que d'autres, force est de reconnaître qu'il s'agit là d'une querelle d'école entre historiens et géographes. Car les uns tiennent à la nature et à la situation des sols, tandis que les autres justifient du labeur des hommes. La Normandie, où tout se note depuis fort longtemps, apporte sur le sujet un regard qu'il est intéressant de rappeler. C'est sous les divers mouvements de population que les limites des forêts de Normandie se sont développées, éteintes voire déplacées. Les facteurs humains, démographie, invasions, sociaux et politiques auront en définitive plus fait et défait la sylve Normande que les raisons géologiques et climatiques aux quelles nos ancêtres durent se plier. Il convient de noter que l'usage du mot « forêt » est différent au moyen-âge, et, comprend ce qui est en dehors « FORS» de l'usage commun ; à ce titre il existait donc des forêts d'arbres, d'eau, de pêche de poissons.
La première originalité de la forêt Normande tient à la protection du Parlement de Rouen qui réglemente jalousement ce capital que la nature avait offert à la Duché. Cette attention permit donc de préserver nos massifs forestiers à l'exception des forets de Bleu et de Bray victimes de leurs paroisses bordurières. La forêt étant comme nous le verrons source de profits pour l'économie médiévale, il convenait d'en spécifier les usages afin que la vie intense des clairières et sous-bois puisse permettre à l'ensemble de la collectivité, jusqu'à aujourd'hui, de jouir d'un bénéfice qui est malheureusement épuisable.

Dans une forêt, c'est une évidence, on trouve du bois. Longtemps ce matériau a été utilise comme l'équivalent de l'acier et du charbon. Ce double aspect aurait du suffire à expliquer la disparition des forêts, mais toute une série de coutumes et de lois ont concilié l'intérêt direct des usagers qui venaient y prélever pour satisfaire leurs besoins et celui, non moins louable et indirect, de ne pas voir dilapidée en une ou deux générations, ce capital renouvelable à long terme. Les populations avaient donc le loisir de prendre le bois sous certaines conditions restrictives, qualité des essences, bois de « caables » (chablis), ou arbres de mauvaise qualité. Ces usages se virent confirmés en 1315 - 1376 - 1402 - 1519. La délivrance de ces usages était soumise à l'appréciation des verdiers (forestiers) qui réglaient la coupe des essences nobles et veillaient à ce que la coutume ne devienne pas abusive voire mercantile.

La Normandie était province maritime et ses chantiers navals importants en nombre étaient gros consommateurs de chênes et de hêtres. Mais elle devait aussi fournir les bois de construction pour sa population contre privilège ou rémunération.
En milieu rural, réconciliant seigneurs et vilains sur la propriété des eaux et forêts, le coutumier légiférait sur la fourniture en bois pour la construction des haies, entretient et renouvellement des charrettes et gérait la fonction pastorale de la forêt avec une telle précision que leur superficie pouvait être estimée au nombre de porcs qu'elles pouvaient supporter. Ici encore, les animaux étaient soumis à des règlements différents selon les espèces. Certaines devaient être parquées d'autres marquées (stabulation libre). La forêt était donc utilisée comme complément de récolte et permettait de concilier culture et élevage.
L'usage sur les fruits était aussi apprécié, les vergers cultivés, ou vergers de plains, étant d'une pratique assez tardive, la récolte des pommes, poires, nèfles, prunelles, noix, fresnelle… était une pratique toute aussi courante que le fauchage des landes (lande = lündr = forêt), le ramassage des feuilles, de la marne ou de la tourbe des mares pour amender les terres.
La forêt du moyen-âge, par ses réserves de bois de construction, de combustible et par ses ressources fourragères et alimentaires jouait donc un rôle providentiel.
Mais la forêt était aussi le refuge des bêtes sauvages, ces fauves que les princes réservaient à leur exclusif plaisir constituaient un droit qui se renforça avec la réfaction du gibier, et généra nombre d'obligations pour les vassaux moyennant aides ou privilèges particuliers.
Parmi les animaux « sauvages », les abeilles, ou mouches à miel, faisaient l'objet d'une attention toute particulière. À l'époque où le miel était un produit alimentaire, thérapeutique et servait de base à la fabrication de l'hydromel et la cire produisait un éclairage de meilleure qualité que le suif, la possession d'un essaim était source de revenus qui eux-mêmes gêneraient dîmes et redevances.
Nous l'avons déjà dit : le rôle du bois était primordial pour la construction au moyen-âge, mais il était tout aussi important pour les professionnels. L'outillage des ruraux était prélevé dans les forêts ainsi que celui des boulangers, bouchers, tisserands et forgerons. Les forêts fixèrent aussi les communautés des verriers, forgerons, charpentiers qui trouvaient sur place la matière première dont ils avaient besoin. Au XVIIIème siècle l'Ouche, la Champagne et la Franche-Comté sont les trois grands centres sidérurgiques de France. En Normandie six barons « fossiers » représentent la maîtrise des « ferrons de Normandie » et tiennent leur siège à Glos-la-Ferrière (forêt de Breteuil). Les verriers trouvent, sur des terres délaissées par l'agriculture, bois, sable et fougères utiles à leur industrie, les potiers et tuiliers le bois et l'argile. Sur les arbres, tanneurs et cordiers prélèvent de l'écorce des chênes le tanin et avec celle des tilleuls les cordiers tressent. Les vanniers les apothicaires ne sont pas en reste.
De cette vie, l'administration ne reste pas en marge, les forêts sont administrées par l'Échiquier des Eaux et Forêts de Normandie à Rouen, les maîtres et enquêteurs des forêts représentent le pouvoir royal. En Normandie la coutume prime la loi et longue jouissance vaut droit ! Mais ces droits se monnayent : amendes, confiscations, redevances malgré leurs valeurs souvent dévaluées ou obsolètes – pains, œufs, harengs, fer à cheval ... – corvées de paysans, services et obligations des seigneurs, prières des religieux, rappellent que la forêt est une société régie par la loi des hommes autant que par leurs désirs. La forêt mystérieuse et romantique ne vit pas que dans les Contes de monsieur Perrault et les êtres surnaturels fées, elfes, gnomes font partie de l'imaginaire des normands avec les particularismes issus de nos coutumes, de notre histoire : Mesnie Hellequin, légende des bracelets de Rolf, légende du corps nu, culte des arbres guérisseurs, arbres noués et c...
La forêt sera lieu de refuge pour quelques marginaux, ponctuellement, lors d'évènements dont l'origine est bien souvent éloignée du seul bruissement du vent dans les feuilles.
Jean HALOT

Le Parc régional de Brotonne

La création de Parcs régionaux en France est une idée tardive. La faible densité humaine repartie sur l'ensemble du territoire a longtemps laissé dominer l'impression que l'espace était infini, le rôle prépondérant de l'agriculture a conforté cette impression. Mais la croissance de l'urbanisation, les problèmes liés à la maîtrise de l'industrialisation et l'accentuation de l'exode rural (1) ont conduit à définir de nouvelles structures pour pallier les risques inhérents à une désertification du monde rural.
Située entre Rouen et Le Hâvre, traversée par l'axe séquanien, l'A13 et bientôt l'A29 les collectivités locales et territoriales ont pris conscience que cette concentration pouvait être fatale a la région de Brotonne : destruction des sites, mitage pavillonnaire, tourisme sauvage, industrialisation anarchique. Le Parc ne refuse pas un développement, il spécule sur la gestion intelligente d'un espace de qualité liant patrimoine et économie locale.
La région de Brotonne représente un patrimoine très particulier car il fait la synthèse d'une partie de l'espace Normand oriental : Pays de Caux, Val de Seine, Roumois et Marais Vernier, sur une superficie de 49 000 ha dont 12 000 de forêts.
Par la mise en place d'une procédure de lancement qui regroupait trente-trois communes adhérentes et les Conseils généraux de l'Eure et de la Seine-Maritime, puis l'inscription du projet au schéma d'aménagement de la basse Seine en décembre 1969, le projet prévoyait l'amélioration du bâti, la préservation des particularités géologiques, de la faune et de la flore. Les premières actions s’appliquèrent dans des créations de clubs sportifs et par la promotion de trois hameaux expérimentaux visant à produire « beau et bon marché ».
L'énumération met en lumière la multiplicité des aspects que comportait l'opération Parc. Aménagement global du cadre de vie, facteur de promotion économique et de mise en valeur, le parc devait procéder d'un esprit de recherche et être un « prétexte à faire des choses ».
La charte constitutive précisait les limites géographiques du Parc, définissait globalement les programmes et les moyens. L'article 7 donnait pour orientation générale la responsabilité des politiques locaux pour maintenir l'activité agricole menacée par la pression urbaine. L'article 24, antilibéral, fixait les limites au développement d'opérations uniquement inspirées de préoccupations commerciales, tout en prévoyant les modalités d'implantation, d'exploitation moyennant une participation aux frais de fonctionnement du Parc.
Sous la gestion d'un Syndicat Mixte associant communes et départements, l'Office National des Forêts, les Chambres d’Agriculture, de Métiers, de Commerce de d'Industrie des plans d'équipement et de financement furent établis, mais les réticences des collectivités locales firent que les communes ne devaient supporter plus de 1,5% du coût global de l'opération. Le Parc devait trouver son auto financement avant les dix années suivant sa mise en place. Par contre le principe de péréquation des recettes était retenu.
« Ni musée, ni kermesse, ni réserve d'indiens, ni Luna park, le Parc Naturel Régional de Brotonne se veut un outil de promotion et de mise en valeur au bénéfice de la population résidente et des citadins qui viennent s'y récréer. »
Cette affirmation aura finalement le mérite de nous permettre de constater que toutes les bonnes intentions ne feront jamais plus que le bon vouloir des intéressés.
Pourtant «L'enjeu est d'importance dans cette basse vallée de la Seine promise a un grand avenir industriel et beaucoup d'élus locaux l'auront compris pour qui le Parc est une question de vie ou de mort ! »
Bernard Fontalirand en 1972 faisait preuve, de clairvoyance, et son jugement vaut encore aujourd'hui où l'on propose jachère et gel des terres qui conduisent à la désertification de notre espace rural. II serait même sain de s'en inspirer pour ce qui concerne la Vallée de Seine entre Pont de l'Arche et les limités de l'Île de France, où l'I.A.U.R.I.F. (2) a délégué un préfet à son service pour veiller au bon aménagement de ce que l'Île de France considéré désormais comme un de ses espaces naturels d'expansion.
J.-F. BOLLENS

(1) pour une population en baisse démographique de 8 000 unités de 1851 à 1954.
(2) Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de l'Île de France.

samedi

Rollon

L'O.D.I.N.-76 REND HOMMAGE A ROLLON

Le 21 septembre à l’ombre de l’abbatiale SAINT OUEN de ROUEN, l'O.D.I.N. commémorait la fondation de la Normandie, à l'automne 911, par HRÔLFR le MARCHEUR, chef viking. Devant un public intéresse et sympathique, la cérémonie débuta par un discours du président de l'O.D.I.N., J.-F. BOLLENS : la saga de ROLF inaugura l’épopée Normande, Le dépôt d'une gerbe aux couleurs du Duché-Royaume clôt la cérémonie à laquelle une vingtaine de militants et sympathisants Normands participait sous le regard intrigué mais approbateur des boulistes. L'équipe de l’O.D.l.N., ainsi que les participants, espère voir un public chaque année plus nombreux et vous donne rendez-vous l’automne prochain.
Gilles LEFEVRE

IL Y A 1 080 ANS. HRÔLLFR GANGER FONDAIT LA DUCHÉ DE NORMANDIE

«GANGER HRôLFR" Jarl, fils de Jarl, aventurier, banni, toi qui a marqué pendant trois cents ans notre terre de Normandie.
HRôLFR, intrépide, ombrageux et querelleur, païen barbare, seigneur de ROUEN, premier Duc de Normandie, qui a pris cette terre pour la hisser au niveau des puissances qui défient l'histoire.
ROLF, toi qui nous a légué le fier nom de Normands.
Si beaucoup t'accusent d'avoir été un pillard, peu savent que tu as été mieux que cela.
À l’automne de l’an 911 le roi de Francs confirme la propriété de cette terre déjà Normande. C'est alors que se concrétise la lente imprégnation de deux cents ans où Celtes, Germains, Saxons, Francs, Vikings vont s'affirmer sous l’effet de ce révélateur Nordique qui caractérise si bien notre vieille nation.
Loin d'être un païen primaire, ou un pillard assoiffé d'or et de sang, ROLLON se révèle un puissant organisateur. Si il ne renie pas ses traditions, sa conversion au christianisme lui apporte le soutien de l'Église. L'audace scandinave, l’ordre chrétien, l’armature féodale irriguent le tissu social du premier État moderne européen.
Sa volonté avouée d'instaurer l'ordre Normand dans les pays réputés Normands, sa position d'arbitre et de gardien inflexible des lois incite les scandinaves à venir le rejoindre en Normandie pour participer â son entreprise.
Guerrier et connaisseur du prix des combats, il gére avec une fougue sourcilleuse la sécurité des biens et des personnes : à l'intérieur de la Duché de Normandie, la paix du Duc est une garantie de stabilité et de développement.
ROLLON réussit le pari de transformer une aventure en destin. Mais quel Destin, les Normands de ta Mer deviennent en vingt ans des Normands de la Terre : la Neustrie s'affirme Normande !
Cette Normandie si féconde qu'elle enverra ses fils conquérir des royaumes en Sicile, en Angleterre, en Orient, aux Canaries ...
ROLLON, le REÎTRE, le SOUDARD, a su comprendre que sans une assise large et solide, l'aventure Normande serait terminée cent cinquante ans avant HASTlNGS !
Honorer ROLLON flatte notre orgueil Mais son exemple est POLITIQUE, PRATIQUE et REALISTE.
ROLLON et ses compagnons ont conclu un marché avec l'histoire.
Leur adhésion au système carolingien est une formalité, ils ont gardé pour première religion leur confiance dans leur propre pouvoir.
De 911 a la mort de ROLLON en 932 cette première génération de Normands a su créer cet élan dont le dynamisme ne doit pas tarir.
Marins et guerriers n'ont jamais cessé d'être paysans et marchands, aimant gagner dans tous les sens du terme. Sages et fermes, les successeurs de ROLLON ne déméritent pas tant qu'ils défendent qu'ils sont avant tout Normands d'où qu'ils soient de Normandie.
Le destin, le génie des Normands ne sont jamais si grands que lorsque leurs chefs sont ambitieux pour leur peuple, leur nation.

ROUEN, jardins de SAINT OUEN,
le 21 septembre 1991,
Jean-François BOLLENS