On trouvera ici, pour l'heure, les textes de Runes-Lettres d'O.D.I.N.
qui, à terme, seront complètés des réflexions du groupe de
travail de l'O.D.I.N.-76, de sa création jusqu'à sa dissolution en 1996.



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dimanche

La Normandie exploitée

Trop souvent on reproche au militant régionaliste de tenir des propos excessifs, quand ils ne sont pas jugés extrémistes, pour dénoncer la mise ne coupe réglée dont il s'estime victime.
Trop souvent le parisien, si ce n'est le béat local, oppose que la région est belle, qu'il l'aime bien lui aussi la province, avec ses petits coins tranquilles où il vient se reposer de ses dures semaines de labeur là bas dans la capitale. Que nous ne savons pas goûter notre chance, surtout en Normandie, où tout est richesse des verts pâturages aux ressources en granulats… qui alimentent principalement Paris.
Ainsi la Normandie est belle, avec ses plaines alluviales gorgées de petits cailloux et ses unités pétrochimiques, et si personne ne s'offre de résidence secondaire au Petit-Couronne – c'est la Shell que j'aime – à Port-Jérôme ou Notre-Dame-de-Gravenchon, ce n'est peut-être que le résultat d'un préjugé trop hâtif qui bloque le développement du tourisme dans ces hauts lieux de notre richesse locale.
Par contre, les deux-tiers des 350 millions de tonnes de granulats exploitées par et pour la Compagnie des Sablières de la Seine, les Bétons et Chantiers de Normandie et Beauvais Béton, forts de leurs 190 emplois, organisent le pillage irrémédiable de notre sous-sol que l’on recouvre d’un pudique voile d’arbres (1500 à l’hectare, maigre consolation) une fois la cicatrice creusée.

Est-ce pour le plaisir de reboiser que les cimentiers français se sont opposés à la création d’un pôle d’importation sur le port de Rouen. Le fallacieux problème des emplois ne concernait pas les 190 Normands mais bel et bien les 2500 emplois générés par le pillage de nos ressources.
Ressources qui sont bien loin d’être inépuisables puisqu’elles devraient être épuisées dans 13 ans.

Épatant, non, d'être une région riche ?

Surtout pour la bonne conscience, car ce ne sont malheureusement pas que des préoccupations de régionaliste attardé, le préfet Quyolet lors de son départ de Rouen, en 1992, soulignait « les dangers d'une surexploitation des carrières régionales » ainsi que les ardeurs extractrices de certains professionnels peu scrupuleux.

samedi

Territoire et destin en friche

À force d'avoir le nez dans les étoiles (y compris les douze européennes), les peuples ont oublié qu'ils avaient les pieds sur terre, à défaut d'aménager intelligemment leur territoire pour conforter leur démarche...

L'économie incontournable

L'aménagement du territoire ; ardente obligation ou bonne gestion, légitime aspiration ou véhémente revendication selon les uns ou les autres mais évidence pour tous... à notre époque. Cela n'a pas toujours été aussi évident. Notre pensée qui se veut visionnaire n'est que l'aboutissement très temporel d'un processus multi séculaire que l'on projette dans un court ou moyen terme hypothétique. Pourtant les concepts et effets de l'aménagement du territoire ont en commun d'être aussi longs à mettre en place qu'à s'effacer. Grossièrement, la France (selon le même principe que tous les autres pays « développés ») avec ses cinquante-cinq millions d'habitants produit les cinq cent mille ingénieurs et techniciens réellement utiles ; le reste a un rôle de vivier et de consommation, le nombre sert les économies d'échelle. Les pays en voie de développement fournissent les mains d'œuvres nécessaires aux grandes séries de production ou traitement à faible coût. Le quart monde constate et regrette à l'exception de la coopération qui, comme l'a dit un ministre de Mrs Thatcher, consiste à verser des fonds aux riches des pays pauvres grâce à une ponction fiscale opérée sur les pauvres des pays riches.

La répartition internationale du travail autorise les profits n'importe où sans l'obligation d'aménagement durable des sites et la prise en compte des difficultés sociales des habitants locaux.

En marge de ce survol historique, notons que, de l'espace tribal à la circonscription électorale en passant par la féodalité, le territoire a toujours été fondateur et référentiel du pouvoir, des lois, des coutumes, de la communauté d'intérêt et des conditions de vie.

Vive l'État-Nation

Le libéralisme reconnaît à l'État deux droits justifiant son existence : fournir les infrastructures du développement économique, panser les plaies des laissés pour compte du dit développement ; l'adage récent « État moderne, État modeste » fait tristement suite aux célèbres « Laissez faire, laissez passer » et « Enrichissez-vous ».
Allégorie célébrant la nouvelle division du royaume en départements égaux en 1790.
Avec ce découpage les circonscriptions administratives sont féodalisées au profit des notables localistes qui « gouvernent » sous la tutelle des préfets.

Plutôt que de s'enfermer dans des querelles de définition et attribution des rôles (comme celles suscitées par la notion de subsidiarité dans le Traité de Maastricht ou la préparation avortée du Xleme Plan ou par l'enquête de Pasqua sur l'aménagement du territoire) considérons les trois fonctions régaliennes qui justifient l'existence de l'État et son intervention pour aménager le territoire :
- assurer la subsistance du peuple (économie et fiance)
- assurer la paix intérieure (justice, solidarité et condition de vie)
- assurer la paix extérieure (diplomatie et défense)

Pour plus d'efficacité, cela suppose l'homogénéité ethnique et culturelle sur un territoire, selon une histoire pour un destin.

La seconde légitimation d'un État repose sur sa réussite dans ces trois fonctions plus que par le degré de démocratie qui l'a porté au pouvoir. Une dictature, illégale au départ, peut se légitimer, donc accéder au stade supérieur de la perfection politique, en aménageant correctement le territoire et en assurant ses fonctions régaliennes dont le point « de vie décente » devient crucial pour le jugement de l'Histoire. La dictature peut-être utile pour la préparation nécessaire d'une forme de démocratie conforme à un peuple pour gérer son espace vital. La première légitimation d'un État est d'être l'aboutissement logique d'une synthèse comprenant les éléments de l'histoire, de la géographie, de la culture d'un peuple qui adhère naturellement au système. L'intervention de l'État dans le domaine des relations extérieures pour l'économique et le social, au sein de l'Union Européenne ou de l'Organisation Mondiale du Travail, n'est pas l'objet de cet article mais elle doit rester présente à l'esprit. En effet, il faut tenir compte d'une part des besoins en matières premières et des besoins de débouchés pour nos entreprises, d'autre part d'un système de concurrence et imbrications internationales qui sont des réalités contraignantes pour longtemps encore. Ce n'est pas d'hier que les bourgeois, commerçants et affairistes, ont porté les beffrois plus haut que les clochers en même temps qu'ils faisaient du système urbain le pôle économique prépondérant au détriment du système rural. L'aménagement du territoire est peut-être l'amorce de la revanche posthume des féodaux qui prenaient en compte la terre nourricière et source de puissance avec les serfs qui y étaient, affectés. Ces derniers trouvant là une sécurité d'emploi et de protection face aux agressions des « voisins » que l'on rencontre de moins en moins dans nos banlieues.

Acteurs et conditions.

Les acteurs de l'aménagement du territoire peuvent être regroupés en trois catégories :
- les institutionnels : l'État, les collectivités locales, les entreprises nationales.
- les ambigus : entreprises privées, les multinationales.
- les zombies : l'Union Européenne, les partis politiques.

Bien évidemment, l'aménagement du territoire est plus facile en période de prospérité, mais c'est, justement à ce moment qu'il est le moins nécessaire. À cela s'ajoutent les difficultés dues à un jacobinisme persistant dont s'accommodent les fonctionnaires, les quémandeurs, les dépourvus d'imagination, de repères ou d'envergure.

Autre problème d'ordre intellectuel ; le mépris du monde rural parce qu'il existe un mythe de la ville source de progrès, de profit de confort, de loisirs, de services, de vie, de démocratie, de convivialité et toutes autres bonnes choses que l'on constate de moins en moins, mais qui existent aussi en milieu rural, même si cela est de façon différente. Les révolutions industrielle et informatique ont relégué le secteur primaire dans le domaine des parcs et des musées, maintenant il faut payer ces erreurs.

Critères et finalités

L'aménagement du territoire n'est pas une fin en soi mais a une finalité. C'est un moyen qui a lui-même besoin de moyens. Les critères d'action sont déterminants et révélateurs du pouvoir qui ordonne (au double sens de ‘dirige’ et ‘détermine une disposition’). On peut partir des ressources locales, créer des conditions artificielles, utiliser des faits, les finalités contribuent toutes à l'unité nationale ; ce peut-être un paradoxe du régionalisme, les finalités sont aussi le reflet des peuples, des pouvoirs, de leurs histoires. Quelques exemples :

- U.R.S.S. : organiser l'interdépendance des régions en les spécialisant (imbrication pour dominer).
- Allemagne : quadrillage du territoire à des fins stratégiques mais permettant à chaque allemand d'accéder de façon égalitaire à tout le territoire (longue tradition de länder, indépendants puis fédérés) à l'opposé du réseau en étoile autour de Paris (conception différente de l'État mais même résultat de « bornage » dans l'esprit du peuple).
- Italie fasciste : assèchement des marais pour l’agriculture ; œuvre paternaliste de nourriture (deux des quatre pulsions fondamentales de l'homme) mais aussi fierté de vaincre et féconder la nature.
- Conquête de l'Ouest américain : exemple type d'une puissance assise sur un territoire ou l'égalité de droit et de propriété crée un intérêt commun et une solidarité.
- Les colonies de peuplement israéliennes : dans les zones occupées ; ré appropriation du soi dans le cadre du mythe biblique.
- La planification française : esprit cartésien qui quantifié tout le projet avec une rigueur mathématique peu compatible avec la vie. La planification ne s'y fait pas en termes qualitatifs, coordonnés, d'objectifs sans délai. On rêve de disposer d'une mine et d'un port en Savoie comme en Vendée ou en Lorraine. Les jacobins croient que « Unité » est synonyme « d'Uniformité ». Les phénomènes d'interaction et de dépendance des secteurs ne sont pas pris en compte.

L'aménagement du territoire est donc tout sauf une clause de style dans la vie politique. Pour pasticher, je crois même que c'est une affaire trop sérieuse pour les hommes politiques, il vaudrait mieux le laisser aux hommes qui ont le sens de l’État ainsi qu'une conception claire de leur appartenance nationale et de leur fonction.

Une constitution fédérale serait une bonne solution pour l'aménagement du territoire, donc pour la France.
Éric Valin

vendredi

Les métropoles normandes







(source INSEE )

Agglomérations           Caen    - Le Havre   -  Rouen
Population 1990 :     191.490  - 253.627    - 380.161

Revenu 1990 :
Revenu net moyen par foyer fiscal (franc) :
                                77.195  -    76.045     - 79.400

Chômage 1990 :
Taux de chômage         13.6  -        16.3     -    14.0

Des chiffres qui font mal ... D'autant plus de mal qu'ils ne sont que de ... 1990.

Ainsi, lorsqu'il y a quelques mois, nous disions que la région était sinistrée et détenait des rubans bleus en matière de social, nous étions qualifiés d’alarmistes ! Bref, en 1994, Normandie Métropole reste, avec des chiffres vieux de quarante huit mois, largement au-dessus des pourcentages hexagonaux du chômage et justifie son excellente place au hit parade du surendettement des ménages. Encore un beau record à mettre à l'actif de décideurs « locaux » dont nous préférerions faire l'économie.
F.D.

France Telecom

Bravo à France Télécom pour sa nouvelle grille de tarifs qui ne manque guère de cohérence !
(Profits, profits ...)

Les télécommunications ont vocation à nous rapprocher. Mais, pour certains, les distances sont inversement proportionnelles au nombre potentiel d'appels. Drôle de mélange de géographie humaine et spatiale qui met Bolbec et Vernon plus loin de Rouen que Dieppe ou Évreux ; Saint Germain-en-Laye, Poissy et Le Havre deviennent équidistants de notre capitale régionale. Merci, encore, pour la banlieue (sans Paris) et, aussi, de nous couper de Caen. L'augmentation des tarifs d'appels de proximité mis en balance avec la diminution annoncée sur les échanges internationaux ne nous console pas de devoir payer aussi cher pour appeler Cherbourg que Marseille.
Ainsi le téléphone a le pouvoir de nier nos réalités régionales.
Le prix de ce nouveau « service » : cinq francs trente et neuf centimes hors taxes par abonnement pour changement de facturation. Belle logique jacobine qui impose aux victimes de dédommager leur bourreau.
Marc Lesalien

dimanche

La France d'Ancien régime : Généralités

Avec une population de vingt-six millions d'individus, la France de Louis XVI détient démographiquement la première place des pays européens. Le royaume ne recense que cinq millions sept-cent-mille citadins et les parisiens atteignent péniblement le nombre de six-cent-quinze mille âmes.
La France s'éveille à la mécanisation. À côté de ses manufactures et de ses arsenaux royaux apparaissent diverses industries que subventionnent d'importants seigneurs et d'opulents bourgeois. Cependant, de sérieux obstacles freinent l'essor des établissements nouveaux. D'abord, la rareté des banques, l'absence d'une Banque d'État analogue à celle fonctionnant outre-manche, et le défaut de papier monnaie. Ensuite, le traité d'Eden-Rayneval, signé en 1786 qui permet aux Britanniques d'inonder le marché de leurs marchandises. Mettant en parallèle les Bourbons et les souverains anglo-saxons beaucoup d'historiens dénoncent l'indifférence des Capétiens à l'évolution économique. La condamnation se nuance : il est indéniable que la politique de la Couronne dénote plus une vision particulière du monde qu'un manque de clairvoyance pratique.
L'Anglicanisme ne stigmatise pas le trafic d’argent ; mieux, il considère les fortunes issues de lui ainsi qu'une marque de prédestination divine. Le Catholicisme jette l'anathème sur les banquiers. Les Bourbons abordent précautionneusement l'ère du profit matériel. Ils s'affirment les gardiens attentifs des valeurs spiritualistes et chevaleresques.
La royauté française est absolue, mais les lois du roi sont révocables et réformables. Deux bornes les contiennent : « les Lois Fondamentales du Royaume », qui sont imprescriptibles, et « les Institutions Coutumières », qui règlent le quotidien des provinces, des cités, des corporations et des gens. Les Parlements et les États Provinciaux veillent au respect des antiques libertés. On dit les libertés comme on dit les peuples. C'est une conception positive, réaliste et organique.
La société d'Ancien Régime ignore la notion de classe. Ses membres jouissent d'une aisance différente suivant les services qu'ils rendent, les charges qu'ils occupent, les travaux qu'ils accomplissent, les talents qu'ils exploitent. Le service et la charge engendrent des privilèges le plus communément honorifiques, qui règlent la vie sociale des trois Ordres.

Le clergé comprend cent-trente mille personnes, réparties sur cent-trente-cinq diocèses. Les prélats affichent en majorité des idées philosophiques incompatibles avec leur sacerdoce. Les simples tonsurés voient quelquefois le bénéfice de leur cure les hisser de la misère à la pauvreté. Les vingt-mille moines et les quarante-mille religieuses subissent les diatribes des philosophes, les critiques des économistes. L'éclatante prospérité masque la précarité trésorière de l'« Église en France » qui frôle le déficit. La Dîme permet difficilement d'acquitter le « don gratuit » voté au roi tous les cinq ans.
Quatre-vingt-deux-mille familles constituent le deuxième ordre. La noblesse d'épée s'acquiert à l'exercice du métier des armes. La noblesse de robe s'obtient en remplissant une charge ou un office. La noblesse de cloche dérive de l'acceptation de responsabilités municipales majeures. La noblesse, qu'accule à la gêne les prohibitions professionnelles, réagit aux alentours de 1780. Cette « réaction nobiliaire » achève d'irriter le Haut-Tiers impatient de considérations et froisse le paysan. Les Droits féodaux, de faible rendement, humilient plus encore qu'ils ne blessent.
Les nobles se flattent entre eux de l'ancienneté de leur lignage, contrastent par leur train de maison. Les hobereaux, l'agriculture ne déchéant point, sèment, récoltent, partagent les conditions de vie des paysans dont ils sont les voisins.
Fondement d'un système social où le sacrifice prévaut sur l'or et l'égoïsme, la noblesse proclame son identité avec maladresse. Novatrice ? Conservatrice ? Elle est sourde aux grondements de l'orage qui approche.
Le Troisième Ordre regroupe les roturiers, inégalement nantis :
Dans les villes réside la Bourgeoisie, et distinguée d'elle la Plèbe des domestiques, manouvriers et indigents. Les hauts bourgeois s'adonnent à la finance ou à l’industrie ; ils traitent en leurs hôtels les écrivains et les artistes. La Bourgeoisie méprise conjointement la populace des rues et la paysannerie. Envieuse, elle aspire à évincer la noblesse des honneurs.
Les « manants » – du latin maneo : celui qui tient – se répartissent en quatre catégories : laboureurs, fermiers, métayers, valets et journaliers. Le campagnard est aussi cabaretier, bûcheron, sabotier, voiturier, maréchal-ferrant, colporteur, et concurrence les humbles qui peinent aux tâches indispensables à l'équilibre rural.
La paysannerie tient quarante pour cent du sol où la pénurie d'engrais motive l'usage de la jachère. Les villages conservent des biens communaux accessibles à chacun. Les progrès que préconisent les Intendants Provinciaux et les Physiocrates inquiètent : suppression de la jachère, prairies artificielles, partage des communaux, autant de changements dont on ne comprend guère la finalité.
Le roi, dépositaire des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, supervise conseils, bureaux et commissions. Mais, dans les provinces la loi se modifie. On ne peut faire un pas sans trouver des lois différentes, des privilèges de toutes espèces. La loi s'adapte aux particularismes des Pays d'État et des Pays d'Élection.
Dans les Pays d'État, les États Provinciaux se préoccupent de préserver la spécificité des traditions que deux-cent-quatre-vingt-cinq coutumes perpétuent au nord de la Loire.
Dans les Pays d'Élection huit Parlements, dont celui de Rouen, vérifient les lois, jugent en dernier ressort et rendent les arrêts d'administration publique.
Les circonscriptions administratives ne coïncident pas. Les six diocèses, les trois généralités de Normandie, les gouvernements militaires et les baillages se chevauchent. L'Intendant est roi dans sa province. Les Parlements, les États, le Lieutenant-général, rognent son omnipotence.
Le fisc prélève deux sortes d’impôts : l'impôt direct, sur le revenu et sur les biens. L'impôt indirect, les Aides, les Traites et la Gabelle. Le mode de perception de ces impôts varie selon la province. Le clergé est exonéré des impôts directs, la noblesse de la Taille. L'Intendant répartit l'impôt entre les paroisses. Les populations exècrent les agents de la Ferme et les préposés à la répression de la fraude : les gabelous suscitent des haines inexpiables.
Le bonheur français commence à se dégrader en 1778. Les trop belles moissons provoquent l'effondrement des cours. La libre circulation des grains n'enrayera pas la catastrophe céréalière. En 1785, la sécheresse fane les herbages. La détresse des campagnes se répercute sur l'industrie et les fabriques.
Afin qu'ils l'aident de leurs suggestions, le monarque convoque le 22 février 1787 cent quarante-quatre notables. Le 25 mai, les « sages » ne lui proposeront rien de concret. En 1789, Louis XVI, répondant aux souhaits des libéraux, convoque, le 1er mai, les États-généraux. Aussitôt le Tiers exige le doublement de sa députation, et le « vote par tête » à la place du coutumier « vote par Ordre ». Le 4 août, les États-généraux, devenus Assemblée nationale, abrogent les privilèges des provinces, jugés « féodaux ». L'Assemblée nationale morcelle la France en quatre-vingt-trois départements ... devenus égaux en droit mais surtout isolés devant la puissance de Paris qui s'arroge l'exclusivité du civisme.
Francois Delaunay

lundi

Vers un nouvel aménagement du territoire !

La classe politique française ne sait plus comment faire face à la situation économique et sociale. Certains semblent redécouvrir les vertus de l'aménagement du territoire, mais négligent de préciser qu'aucun progrès ne sera réalisé s'il n'est mis fin à l'hypertrophie de l'Ile de France où sont concentrés tous les pouvoirs et les moyens qui règlent nos destinées.

L'aménagement du territoire n'est pas la panacée qui résout tous les problèmes après quelques incantations. C'est une politique à long terme dont le but doit être l'harmonisation des ressources humaines et matérielles pour assurer l'intérêt général.

La France est, sans aucun doute, le modèle du centralisme, inégalable au moins dans la durée. Les structures bureaucratiques omniprésentes offrent une impunité à ses serviteurs qui ferait pâlir d'envie tous les dictateurs. Les résultats d'un tel système sont éclatants : l'Ile de France est, en poids, la première des régions ; elle concentre sur deux pour cent de l'hexagone un tiers de la richesse nationale, deux-tiers du "tertiaire" supérieur, soixante-sept pour cent des diplômés de l'enseignement supérieur. Cette richesse de moyens n'attire pas que la richesse et si le ministre de l'Intérieur décide d'ouvrir un débat national sur l'aménagement du territoire, ce n'est certainement pas pour, subitement, partager ses meilleures cartes avec des partenaires provinciaux.

– L'Ile de France prend conscience que l'ouverture des partenaires européens vers l'Est a déplacé l'axe industriel de la communauté européenne vers l'Orient, minimisant la place de Paris, donc de la France, dans le concert des douze. Les atermoiements de la Bundes Bank lors de l'assaut estival contre le Franc en sont un avertissement.

– L'Ile de France est une région, son territoire n'est pas extensible. La croissance démographique et les mœurs actuelles ne permettant pas de continuer indéfiniment d'entasser verticalement ses nouveaux habitants, un partenariat s'impose avec les autres collectivités du Bassin parisien.

– La première solution envisagée a été le Grand Bassin Parisien. Cette machine de guerre contre les provinces limitrophes aurait impliqué une approche trop longue et trop de moyens pour mettre Normandie, Champagne et autres Picardie en coupe réglée.

– La seconde possibilité c'est de présenter un aménagement du territoire profitable pour l’ensemble des régions périphériques. Tout le monde a son mot à dire et sa part de responsabilités à assumer, pour que des cadres supérieurs qui peuvent supporter les coûts de vie ou immobiliers d'une mégalopole restent près de la capitale et les autres : jeunes, cadres intermédiaires du tertiaire et moins jeunes, puissent trouver de nouvelles terres d'asile à la portée de leurs moyens.
Ce second scénario, qui s'inscrit localement dans le sens des conclusions du Projet Régional d’ Aménagement du Territoire "haut" Normand, autant que dans les souhaits vertueux de Charles Pasqua, sera certainement la solution retenue pour la plus grande satisfaction de tous. Bien que ...

Réfléchissons bien.

Compte tenu de la situation économique, les jeunes rencontrent de plus en plus de problèmes pour s'intégrer à la vie active. La crise que nous traversons est dénoncée depuis vingt ans comme liée à la conjoncture, mais si elle était structurelle comme quelques uns commencent à le dire ? Cela nous changerait du credo entendu ! Le problème irait alors, donc, en croissant.

Les actifs du tertiaire ? Activité merveilleuse, non polluante ... c'est bien le tertiaire, mais avons-nous assez marqué notre opposition aux turbo-profs pour accepter que la région devienne un dortoir en contrepartie du plat de lentilles que figurerait l'amélioration des communications qu'on nous refuse depuis vingt ans ? Allons-nous nous résigner à dépenser un milliard six cents millions pour former des diplômés qui iront produire ailleurs ?

Quant au troisième âge – en dehors de toute considération financière (puisque passé cinq ans les coûts sociaux sont à la charge des collectivités d'accueil, que la retraite est à soixante ans et que l'espérance de vie s'accroît de trois mois tous les ans) – reconnaissons que ce n'est pas une hypothèse de développement régional très dynamique.

Il faut malgré tout raison garder. Le département de Seine-Maritime est le premier de France pour le surendettement. L'industrie Normande est soumise à des pressions extérieures de plus en plus fortes à mesure que ses centres de décisions s'éloignent de Normandie. Il n'est pour exemple que de se rappeler l'affaire des cimentiers des mois de juillet-août à propos d'implantation sur le Port « Autonome » de Rouen. Enfin, la Normandie, même avec les îles, ne représente pas le tiers des résidents d'Ile de France.

Il nous faut donc composer Nous ne sommes en mesure d'imposer nos volontés que pour sauvegarder ce qui nous est essentiel, et pour commencer l'identité de notre peuple Normand.

Faute de volontés politiques, nous n'avons pas été en mesure de contrôler l'occupation de notre territoire sur l'axe séquanien, si bien que jusqu'à Vernon nous somme plus emparisiannisé que Louis Beuve ne pouvait le dire de l'embretonnement du sud de la Manche. Il est donc nécessaire, sinon urgent, de tout mettre en œuvre pour qu'au-delà des contreparties techniques qui nous seront offertes d'ici la fin du IXème Plan, c'est à dire 2015, nous affirmions avec la plus grande énergie notre volonté de rester Normands en Normandie, que nous prouvions notre capacité à exister en tant que tels.

Nous ne voulons pas d'une Normandie où la certitude de limiter notre déclin s'échangerait avec celle de notre disparition.
Gilbert Crespin

mercredi

Les U.S.A. en voie de sous-développement.

Les accords du G.A.T.T. prévoient, outre la promotion des règles du libéralisme et l'expansion du commerce international, un code de bonne conduite.
C’est ainsi que l'accord entérine les préférences douanières entres les territoires ou pays en vigueur au moment de sa signature (i.e. le COMMONWEALTH) il est interdit d'en créer de nouvelles.

Cet accord institue le principe de non discrimination, et interdit aux pays contractants :
– de percevoir sur les produits étrangers des taxes intérieures plus élevées que celles perçues sur les produits nationaux ;
– de soumettre les produits étrangers à des lois, réglementations ou prescriptions affectant la vente, l'achat, le transport, la distribution, l'utilisation de ces produits, plus restrictives que celles applicables aux produits similaires nationaux.
Les deux cents pour cent de taxes et autres mesures vexatoires sont donc hors la loi, à moins que les négociateurs américains se prévalent de l'article XVIII et veuillent préserver les intérêts économiques de leur pays sous-développé.
Le F.M.I. et la Grande Presse Internationale n'ont, semble-t-il, pas été mis au courant de cette nouvelle donne. Et cela n'empêche pas nos ardents défenseurs de l'Europe de réclamer l'intervention U.S. dans les affaires de l'ex-Yougoslavie. Comme si l'exemple du Traité de Versailles, en 1919, ne servait à rien.
François DELAUNAY

Écologie, la nouvelle bataille de Normandie

La Normandie est non seulement un refuge pour les parisiens, c'est surtout une région dotée d'une industrie très puissante : la chimie, les raffineries, le nucléaire symbolisent son aspect fortement compromis en matière d'environnement.
56 sites visés par les directives « Seveso », 8 réacteurs nucléaires et l'usine de la Hague renforcent cette mauvaise présentation touristique. Mais, quoiqu'en disent les détracteurs de la qualité de vie en Normandie, en dix ans les chimistes « normands » ont diminué de deux-tiers leurs rejets de dioxyde de souffre, l'industrie des engrais ne rejette plus de phosphogypse en baie de Seine, Norsk-Hydro a fermé, l'autre stocke à terre (bénéfice trois cents chômeurs normands de plus), les rejets de matières organiques oxydables sont passés de trois cents tonnes à quatre-vingt tonnes par jour, les concentration de plomb et de poussière dans l'air ont été divisées par six en dix ans. Malgré ces efforts coûteux, en argent, mais surtout en emplois, il ne se passe pas de semaine sans que les risques industriels, les nuisances et atteintes à l'environnement dans notre région soient mises en exergue dans les médias ou brandies par des portes paroles d'associations ou de mouvements politiques ... Malheureusement, ces prises de position sont presque toujours isolées du contexte social et économique.
Diminuer l'impact des industries sur l'environnement est bien dans la volonté de chaque industriel responsable : la solution est-elle d'aboutir à une activité industrielle nulle et donc à une pollution nulle ?
Le péril en Basse-Seine n'est pas celui que l'on croit. Le vrai péril, c'est de rayer purement et simplement notre région de la carte des sites industriels et donc sa richesse et ses emplois.
Lorsque l'on effectue le total de toutes ces actions pour l'environnement menées par les industriels et les collectivités locales, on obtient la somme impressionnante de trois milliards de francs. Pourtant, les industriels locaux totalisent soixante-quinze pour cent des sommes investies, alors qu'ils ne sont responsables que de vingt-cinq pour cent de la pollution du fleuve. Si nous exigions des l'Ile de France qu'elle indemnise la Normandie pour les pollutions que nous subissons, une simple règle de trois nous autoriserait à réclamer la coquette somme de neuf milliards !
... C’est ce qu'ont décidé le Conseil régional et les Conseils généraux d'Ile de France avec l'Agence de Bassin Seine Normandie en décidant la mise en place d'un plan de dix milliards !

Mais l'Agence Seine Normandie ... ne sont-ce pas aussi les Normands qui devront mettre encore la main à la poche pour régler un cinquième de la note de leurs fortunés voisins ?
Jean HALOT

Droit de cuissage automobile

Les sociétés d'Autoroute sont-elles les seigneurs et maîtres d'une nouvelle féodalité ?
Au milieu des années soixante, l'État français, devant la carence d'infrastructures autoroutières, inaugura une politique ambitieuse destinée à compléter l'embryon ludique, constitué avant la seconde guerre mondiale, et qui menait de la Porte de Saint Cloud à Versailles.
Le fer de lance de cette politique s'est constitué autour de sociétés d'économie mixte chargées de construire, puis d'exploiter pendant vingt ans ces autoroutes financées avec de l'argent public. Trente ans plus tard ... les concessions sont toujours exploitées et il ne reste de cette politique audacieuse qu'un déficit de kilomètres que les Régions et les Conseils généraux tentent de combler, toujours avec de l'argent public, sous la bienveillante attention des sociétés d'autoroutes.
Si Paris semble bien irrigué par le maillage autoroutier, la province reste, une fois de plus, la grande oubliée. En effet, comment maintenir, sinon développer, une économie locale, donc une vie en milieu rural, sans un réseau de communications sûr, rapide qui desserve le plus grand nombre de bassins de production ?
Dans les faits, quatre-vingt pour cent de la population ne représente rien vis à vis des intérêts de l'Ile de France. Le déséquilibre Paris-province s'accentue d'année en année, que ce soit en infrastructures, dans le rapport des kilomètres soumis au péage, le nombre d'accès aux voies rapides, la qualité l'entretien et de la signalisation, les choix de tracé par le jeu de notion d'utilité publique plus facile à imposer dans les zones en cours de désertification, etc.
Nous payons au prix fort un service peu coûteux pour les vingt pour cent d'une population qui paye peu ou pas des kilomètres qui nous sont finalement très chers ; 1993 est le Bicentenaire d'une période qui fut terrible pour l'ensemble des provinces, vu de Paris c'est une aimable fantaisie, mais rappelons-nous que tout avait commencé par des cahiers de doléances où les bons peuples de France rechignaient sur les péages des ponts et chaussées.
Resterait-il des Bastilles à prendre ?
Marc LESALIEN

Indécence, insolence ou imbécillité ?

Entre les épithètes il n'est pas facile de choisir, et l'heure commanderait plus à la concertation et au regroupement de nos énergies qu'à leur dispersion. Mais il y a des idées, des paroles qui confinent à la trahison des intérêts normands. Que la Normandie ne soit qu'un mythe au regard de quelques parachutés de tous poils, peu nous chaut, nous les tenons et les combattons pour ce qu'ils sont : des horzains. Mais que, dans nos propres rang, des normands se mêlent à la curée nous navre et nous révolte !
Qu'à cela ne tienne, nos messieurs préfèrent jouer l'air des querelles intestines entre Caen et Rouen, organiser quelques colloques où tout ce qui avait déjà été dit l'est à nouveau, de sorte que, la réunionite devenant plus importante que le but assigné, ils se trouvent au moment du Plan sans avoir rien avancé de leurs doctes travaux.
Alors reviennent les vieilles lunes, celles qui dispersent les efforts que les deux demi régions font pour se retrouver, pas trop vite, mais l'idée fait son chemin. Les exclus des prébendes n'ayant plus de moyens de manifester leur puissance, refont leur apparition. L'Observatoire de Prospective, puisque c'est de lui qu'il s'agit, ayant vu partir en fumée son désir de réaliser l'unité de la haute Normandie et de la Picardie, a voulu relancer le débat au mois de mai 1993, en l'Hôtel des Sociétés Savantes de Rouen, avec un dénommé Germond, qui présentait son chef d'œuvre de géographe autorisé, puisqu'il enseigne à la faculté de Rouen. Les thèses de ce monsieur sont simples, sinon simplistes, et il est navrant que de telles élucubrations aient pu susciter tant d'émoi. Selon ce personnage, la « haute »-Normandie se trouve devant deux horizons (sic), le premier est Paris, le second c'est au lecteur de le trouver ... (de qui se moque-t-on ?) Car, Paris est une chance pour la Normandie plus que pour les autres régions, à condition que, comme au judo, les normands jouent sur leur agilité pour entraîner leur puissant voisin, (ben voyons, au lieu de laisser tomber Paris, nous tomberions avec !)

Pour les attardés, précisons que la Normandie n'est pas dans l'Arc Atlantique parce qu'elle n'a pas de plan routier, ni de zones franches, tout au plus devons-nous déplorer que l'on exploite sans vergogne ses gravières et qu'on y importe des petits vieux. Émaillant son exposé de propos dénotant un mépris certain : « le Limousin et la Corse sont au-dessous de zéro, la « haute »-Normandie égale la Corse et le Limousin pour les décentralisations ! » voire une insolente ignorance pour un si grand géographe qui compare la faiblesse des moyens de la « haute »-Normandie à « la force d'une région comme la Rhénanie ou la Belgique ». Ce ne fut qu'un vibrant plaidoyer pour que nous acceptions le principe d'une Normandie parisienne, plutôt que de devenir parisiens petit à petit.
Ces propos furent repris un illustrissime caennais, François Geindre, qui ne se trouve être « que » maire d'Hérouville-Saint-Clair, qui est si près de Caen dont il voudrait être le chef de file au SIVOM, pour faire pendant à son ami Laurent de Rouen ? Aussitôt, par l'aubaine alléché, notre troisième couteau se rue dans les colonnes de Ouest-France, où les dirigeants rennais sont trop heureux de trouver une cloche qui donne un son flatteur pour les oreilles des managers d'un Arc Atlantique enfin débarrassés de Rouen. Car, pour Geindre comme pour ces messieurs, Rouen est, horror referens, la cité des perditions d'emparisianisés dont il faut se défaire avant que la Normandie, en recouvrant ses esprits, ne prenne une trop belle place dans cet Arc Atlantique qui veut bien du littoral normand pour mieux défendre sa cause, mais ne l'irriguera des subventions reçues qu'à la manière d'un certain comité pour le développement du tourisme dans l'ouest qui ignora superbement ... le département de la Manche venu faire cavalier seul en si avenante compagnie.
François DELAUNAY

jeudi

Grandes figures hâvraises : Marcel Hérubel

Qu'est -ce que l'économie maritime ?
Fondateur de cette discipline le professeur Marcel Hérubel répondait ainsi à la question dans la revue de la Porte Océane (oct. 1945).

« L'économie maritime est l'étude systématique de l'activité humaine le long des côtes et des rives dans l'espace et dans le temps : réaction de la nature sur l'homme et réaction de l'homme sur la nature. De cette activité, les ports, grands et petits, sont les organes par excellence. D'où l'intérêt primordial qui s'attache à toutes les recherches touchant leurs genèses, leurs formations, leurs développements, leurs peuplements, l'évolution de leurs fonctions et de leurs formes, leurs conditions topographiques et nautiques, leurs liaisons avec les routes de mer et de terre, leurs adaptations aux navires et l'adaptation de ceux-ci aux routes et aux marchandises de mer.
Avant tout et par dessus tout, l'économie maritime est une explication. Elle met en œuvre les notions utiles fournies par la biologie, la géologie, l'hydrographie, la géographie physique, la préhistoire, l'histoire, les diverses techniques anciennes et modernes, etc. Ainsi, bien armée, elle dissèque profondément les éléments du travail humain et les range selon une hiérarchie expérimentale. Par la synthèse, elle les replace dans leurs cadres propres et dans celui de l'économie générale. »

La Normandie et Le Hâvre tiennent une place importante dans l'œuvre de Marcel Hérubel. II est ainsi l'auteur de « Origine des ports de la Seine-Maritime », du chapitre de géographie humaine de la Normandie d'un ouvrage assez courant intitulé « Visages de la Normandie », d'innombrables articles publiés dans des revues savantes ou professionnelles ou dans le Bulletin des Normands de Paris, association dont il fut le président.
Cet humaniste définissait ainsi ses liens avec la Normandie : « Je l'aime et ne m'en cache pas. J'y suis profondément attaché par une hérédité hâvraise de plus de trois siècles ; je veux la servir et y dormir de mon dernier sommeil. »
Ses compatriotes hâvrais et normands ne l'ont pas oublié...
Serge Couasnon