On trouvera ici, pour l'heure, les textes de Runes-Lettres d'O.D.I.N.
qui, à terme, seront complètés des réflexions du groupe de
travail de l'O.D.I.N.-76, de sa création jusqu'à sa dissolution en 1996.



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mercredi

Quand la S.N.C.F. fait peau neuve

Un grand plan va mettre la qualité au centre de la stratégie de modernisation, parmi ces éléments :

LA RE-GU-LA-RI-TE !

Donc la S.N.C.F. teste la régularité sur les lignes Paris-Nancy-Strasbourg et Paris-Clermont ! Mieux, sur cette dernière ligne, ainsi que sur Paris-Limoges-Toulouse, une expérience de « contrat qualité régularité » mérite l’attention : en cas de retard de plus d'une demi-heure, le supplément vous est remboursé ...

(Devinette) : Qu'est-ce qui c'est allongé d'une demie heure en soixante-trois ans ?

(Réponse) : La durée du trajet Dieppe-Paris.

Remboursés, oui ! Mais pas sur les lignes Normandes où les retards, ponctuels ou les allongements structurels des temps de trajet, s'accentuent d'année en année. Même le Sénat s’alarme !
La S.N.C.F. n'a non seulement plus de mission de service public définie, mais de plus son obligation d'équilibrer ses comptes n'est pas respectée, bilan : six milliards de déficit prévus pour 1993, cent quarante-deux milliards d'endettement.
Le coût des infrastructures dépasse les seuls moyens de la vieille dame, et la reprise en main de la définition des objectifs prioritaires par le Parlement de Parts, si elle annonce la volonté de recentrer l'activité ferroviaire vers le service public (il serait grand temps !), risque de voir envolés les appels du pied des Conseils régionaux pour obtenir le T.G.V.
Pour attirer toujours plus d'usagers vers le train, la S.N.C.F. met en place des tarifs compétitifs ; l'effort portera sur les villes situées à plus de trois heures et demie de trajet. D'où l'énhaurme publicité faite aux une heure vingt-neuf minutes du T.G.V. Nord Europe (Paris-Lille) qui offre à la métropole des Flandres de nouveaux atouts pour favoriser la délocalisation, hors de Normandie, de nos administrations et entreprises à vocation internationale. Pour tous les Normands un grand MER-CI à la vieille dame.
Enfin, dernière bonne nouvelle, « l'accès aux gares doit-être facilité, ce qui nécessite parfois des aménagements importants. Les collectivités locales sont alors les partenaires privilégiées de la S.N.C.F. » ; ce qui prouve que les normands ne sont pas complètement oubliés.
Le tableau n'est pas tout à fart noir, à condition que les mesures financières ne soient pas, par la suite, révisées à la baisse : il serait question que les crédits d’État affectés aux services régionaux de la S.N.C.F. soient affectés aux Conseils régionaux, lesquels auraient plus d'autonomie. Mais il reste, localement, un point sur lequel l'incidence des budgets de l'État serait nulle, compte tenu de la sur-nucléarisation du littoral normand : l'électrification de toutes nos lignes régionales.
Loin d'être un somptueux cadeau, ce serait une contrepartie minimale morale.
Jean François BOLLENS

Histoires de trains en Normandie

Le 10 février dernier était un anniversaire, et plus précisément le cent cinquantième de la ligne du chemin de fer Paris-Rouen.
À cette occasion, le directeur de la S.N.C.F. pour la Normandie, Hervé de Tréglodé eut le loisir de dresser un bilan à la gloire de son entreprise ... Il est de plus en plus vrai que, plutôt d'attendre que les compliments arrivent, les plus sûrs lauriers sont ceux que l'on se tresse soi-même. Les usagers normands savent très bien la qualité et la ponctualité dont ils peuvent bénéficier grâce aux grèves mais aussi, et surtout, à l'état de vétusté du matériel ; les contribuables apprécient tout autant les investissements records dont ils sont les payeurs : au titre des impôts régionaux, sur le revenu et, ce n'est pas la moindre des choses, en qualité de clients. Car si la suppression ponctuelle des trains (selon l'humeur du matériel !) est une cause de grogne bien légitime, l'abandon des voyageurs, de nuit, en rase campagne, peut devenir une habitude, il n'y a que le premier pas qui coûte. Passons sur cette découverte fortuite des charmes de la campagne normande et intéressons-nous aux progrès à venir.
T.G.V. ? Non le train à grande vitesse est un rêve qu'il faudra poursuive, puisqu'en l'an deux mil la Duché n'en sera toujours pas dotée.
SOCRATE, pauvre philosophie, est la primeur dont nous avons les faveurs. « Innover, c'est améliorer et faire vivre ! », voire, Socrate c'est, selon les associations des familles, plus de cinq pour cent d'augmentation sur le prix du trajet. Les cinquante et un millions d'économies réalisés en 1992 ont été fait, en partie, sur le dos des Normands qui, tout en ayant de privilège d'être « pilotes », peuvent à loisir payer plus pour avoir moins. Moins de trains, moins de gares, moins de kilomètres de lignes, électrifiées ou non, un service toujours plus dégradé. Que reste-t-il du service public quand on oublie sa fonction première pour se tourner vers la sacro-sainte rentabilité ?
Rentabilité accrue et service dégradé au point que le Conseil régional met en place un « Observatoire régional » malheureusement destiné au seul trafic de voyageurs qui savent qu'entre T.E.R. et R.E.R. il n'y à que la publicité institutionnelle qui fasse la différence. Sur les trois mille cinq cents kilomètres de voies ferrées qui disparaîtront d'ici dix ans quel pourcentage affectera la Normandie ? Le Tréport, malgré la fermeture de la gare de Blangy et en comptant les pannes de gazole, est à huit heures trente de Paris et a déjà disparu des cartes de la S.N.C.F. Dans le même temps la conquête de Vernon et Évreux est annoncée par L'Ile de France qui réclame une étude de prolongement de ses lignes de banlieue !
Décidément, avec la S.N.C.F. tout est de plus en plus possible
Francois Delaunay