On trouvera ici, pour l'heure, les textes de Runes-Lettres d'O.D.I.N.
qui, à terme, seront complètés des réflexions du groupe de
travail de l'O.D.I.N.-76, de sa création jusqu'à sa dissolution en 1996.



Affichage des articles dont le libellé est élus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est élus. Afficher tous les articles

mardi

11ème centenaire de la Normandie

Ce mardi 17 mai [2011], fête nationale de la Norvège, nous avons assisté, narquois, à une pénible parodie d’hommage « de rattrapage » effectuée à la volée et sans trop de conviction de la part du Maire de Rouen. Madame le Maire de Rouen nous a entretenus de vagues manifestations « colorées » de viking pour cette année sans plus s’appesantir sur la vacuité de son programme culturel qui aurait du être une fête de la mémoire avant de nous rappeler que les liens entre la Norvège et la Normandie existaient toujours puisque Rouen importait encore du bois de Scandinavie !

Si les Norvégiens du Lycée Corneille de Rouen et de la Faculté n’étaient venus, ç’aurait été une maigre petite cinquantaine de participants que nous aurions pu compter... y compris les Normands des associations qui ont répondu présent à notre appel : la Vague normande et le Bloc Identitaire, le Parti de la France et le Front national, la Causerie normande, des sympathisants et votre serviteur, (soit une vingtaine de personnes et donc vingt pourcent de cette prestigieuse assemblée) et seuls a faire fièrement flotter nos drapeaux normands en amicale réponse aux étendards norvégiens !

Nous aurions aimé compter dans nos rangs le Mouvement normand mais son inamovible président ayant manifesté sa préférence auprès du premier magistrat de la cité pour la distribution de petits fours qui s’ensuivait nous nous sommes passé de son patronage. Comme le disait un certain chant très célèbre, dans un couplet il est vrai aujourd’hui très occulté : « nous n’oublierons pas que nos balles sont pour nos propres généraux » (surtout lorsqu’ils sont d’une telle farine) ; exit donc les contre soixante-huitards en peau de pantalons... retournée. Sans un regard pour nos drapeaux, Didier Patte, son militant rouennais et leurs épouses suivirent benoîtement les édiles rouennaises tout en ignorant avec superbe les vrais normands qui attendaient que la police de madame le Maire les autorise à rendre un véritable hommage au père fondateur de la Normandie.



GANGER HRÔLFR, Jarl, fils de Jarl, Aventurier, banni, toi qui a marqué pendant 300 ans notre terre de Normandie.

ROLF, intrépide, ombrageux et querelleur, barbare, païen, pillard, seigneur de Rouen, premier duc de Normandie, qui a pris cette terre à bras le corps pour la hisser au niveau des grandes puissances qui défient l'histoire.

ROLF, toi qui nous marque encore du fier nom de Normands.

Beaucoup dénoncent ta condition de pillard, peu savent que tu as été mieux que cela.

À l'automne de l'an 911, le roi des Francs te confirme la propriété de cette terre déjà normande. Dès lors se concrétise une lente imprégnation de 200 ans où celtes, saxons, vikings mais aussi germains et francs vont s'affirmer sous les effets du révélateur nordique qui caractérise si bien notre vieille Duché.

Loin d'être un païen primaire, ou un pillard assoiffé d'or et de sang, ROLF se révèle un puissant organisateur. S'il ne renie pas ses traditions, sa terre est partagée " au cordeau " entre ses fidèles, sa conversion au christianisme lui apporte le soutien de l'Église. L'ordre chrétien, l'armature féodale, l'audace scandinave, irriguent le tissu social du premier État moderne européen.

Sa volonté avouée d'instaurer l'ordre normand dans les pays réputés normands, sa position d'arbitre et de gardien des lois incite les scandinaves à venir le rejoindre en Normandie pour participer à son entreprise.

Guerrier et connaisseur du prix des combats, il gère avec une fougue sourcilleuse la sécurité des biens et des personnes. À l'intérieur de la Duché de Normandie, la paix du duc est une garantie de stabilité et de développement d'inspiration normande.

ROLF réussit le pari de transformer une aventure en destin. Mais quel destin ! Les Normands de la mer deviennent en 20 ans des Normands de la terre au moment où la Neustrie se transforme en Normandie.

Cette Normandie si féconde qu'elle enverra ses fils conquérir des royaumes en Sicile, en Angleterre, en Orient, aux Canaries et c..

ROLF, le reître, le soudard a su comprendre que sans une assise large et solide, l'aventure normande serait terminée 150 ans avant Hastings !

Honorer ROLF flatte notre orgueil !

Mais son exemple est politique, pratique et réaliste.

ROLF et ses compagnons ont conclu un marché avec l'histoire.

Leur adhésion au système carolingien est une formalité, ils ont gardé pour première religion la confiance dans leur propre pouvoir.

De 911 à la mort de ROLF, cette première génération de Normands a su créer cet élan dont le dynamisme ne tarira pas.

Marins et guerriers n'ont jamais cessé d'être paysans et marchands, aimant gagner dans tous les sens du terme.

Sages et fermes, les successeurs de ROLF ne déméritent pas tant qu'ils défendent qu'ils sont avant tout Normands, d'où qu'ils soient de Normandie.

Le destin, le génie des Normands ne sont jamais si grands que lorsque leurs chefs sont ambitieux pour leur peuple, leur terre.


Ceci a déjà été dit ici, à Rouen, le 15.04.1991 !


20 ans après… il faut bien le reconnaître, cette profession de foi reste une liste « à la Prévert » !

Où en sommes-nous ?

Alors que toute la Normandie fête son onzième centenaire, la ville-phare, enfin celle qui se revendique telle, reste en marge de la liesse qui devrait être unanime dans toute la Duché !

« Rouen, capitale de la Normandie », ne serait qu’une vaine velléité ?

Non ! Hélas… Cette cité autrefois orgueilleuse néglige de fêter Guillaume, « oublie » Corneille et ignore aujourd’hui le souvenir de sa fondation !

Ce n’est pas un simple signe de faiblesse, c’est l’affirmation silencieuse que, si notre terre normande intéresse certains pour des raisons qui nous répugnent, les normands sont devenus indésirables chez eux !

« On a les élus que l’on mérite », c’est le principe même du système dans lequel nous vivons, à nous tous d’en tirer les conclusions et les conséquences qui s’imposent.

Ces horzains infligent à l’agglomération « Belle au bois dormant » leurs volontés révisionnistes de notre histoire, mais aussi, et encore plus, négationnistes de notre existence. Et il ne s’agit pas que de festivités mémorielles ! Où sont les moyens qui autorisent les Normands à vivre et travailler en Normandie ? Quels sont leurs bilans ? Une normalisation de démocratie « populaire » insidieuse et silencieuse étouffe toute volonté d’exister à ceux qui ont hérité d’une histoire que bien des États nous envient. Nous ferons l’économie de la liste des faux amis, des vrais ennemis et des fossoyeurs de notre histoire normande. Comme l’aurait pu dire maitre Pierre (Corneille) « le flux les apporta, que le reflux les emporte ». Mais la question demeure : qu’ont-ils fait de notre héritage ?

La Normandie c’est onze siècles d’histoire : plus que la France ou l’Angleterre, par exemple.

La Normandie c’est une multitude d’hommes et de femmes qui ont contribué à la vie et au développement de notre histoire normande, française et européenne. Pas de cette Europe de bureaucrates auto-désignés pour des intérêts qui n’ont jamais été les nôtres, ni même un quelconque intérêt général européen. Mais de cette Europe de l’esprit et de l’intelligence, du travail et des batailles, des campagnes et des beaux-arts.

Parce que cette Europe, tout comme la France, tout comme la Normandie, puisque c’est de notre histoire propre qu’il devrait être question aujourd’hui, s’est patiemment construite sur l’intelligence, la volonté, le travail et la sueur de nos prédécesseurs.

Et c’est bien pourquoi ceux qui nous gouvernent aujourd’hui entendent ne pas fêter ce genre d’anniversaire : venus de partout et de nulle part ils n’ont pour seul but que de nier les causes de nos richesses accumulées par des années d’efforts afin d’en mieux profiter en nous en spoliant, tout comme ils nous confisquent les manifestations qui devraient rappeler à tous que ce travail est notre héritage normand.

Si nous nous contentons aujourd’hui de fêter ce onzième centenaire de la fondation de la Duché, ç’aura été une manifestation sympathique, certes, mais juste une aimable réunion du souvenir.

La Normandie est une patrie et c’est même celle que nous avons hérité de nos pères, c’est de notre identité en tant que peuple normand qu’il est question aujourd’hui.

La question est maintenant : que faisons-nous de notre héritage ?

Thor Aïe !

Rouen, le 17 mai 2011.


Un toast a été porté à la mémoire de notre premier « Duc de Normandie » avant qu’un appel à se retrouver ce samedi 21 mai, toujours dans ces Jardins de l’Hôtel de Ville de Rouen, entre la statue de Rollon et la pierre de Jellinge, pour un pique-nique informel et spontané, afin que tous ceux qui n’ont pu se libérer un jour de semaine, aux heures de travail pour la plupart, puissent célébrer ensemble cet anniversaire normand.

dimanche

Betterave

La S.A.P.N., avec l'appui des Presses des Ponts et Chaussées, s'offre en cadeau d'adieux un ouvrage somptueux : – « Paris Normandie, une autoroute se souvient », où les administrateurs se gonflent de leur suffisance ; louons les hommes qui ont fourni cette superbe infrastructure indispensable aux hordes de parisi-huns pour déferler sur nos côtes. Mais, rappelez-vous que là où le parisi-hun passe, le béton et l'asphalte poussent !

Les mêmes fêtent fièrement leurs trente ans de bons et juteux péages sur une concession de 20 ans, concession qu'ils ont finie par vendre à une société d'autoroute du Nord (la S.A.N.E.F.) pour régler leurs erreurs d'investissements. C’est encore avec fierté qu'ils montrent les abominations architecturales dont ils ont décoré leur beau ruban noir, comme l'indéchiffrable « sculpture » de Georges Saulterre, érigée en bordure de l'A13 vers Tourville, qui avec sa grosse boule et ses cinq flèches d'acier inoxydable intitulées « Sur la trace des vikings » symbolise le nouvel élan de la S.A.P.N..

N'espérez pas vous procurer ce superbe ouvrage : il n'est pas à vendre, contrairement à ses commanditaires.

samedi

Rendre le pouvoir au peuple ?

Comment fonctionne, aujourd'hui, en France, la démocratie ? La volonté du peuple peut-elle vraiment s’exprimer ? Le peuple exerce-t-il effectivement le pouvoir ? En réalité, de plus en plus, la volonté du peuple se trouve morcelée, son pouvoir confisqué, et son intérêt masqué. Les corps des classes intermédiaires évoluent comme l'aristocratie sous l'Ancien Régime : elles passent des services aux privilèges, et des privilèges aux prétentions. Elles se coupent ainsi progressivement du peuple. Conservatrices de leur propre pouvoir, elles freinent le progrès, notamment social, de la nation.

« Par définition, dit Yvan Blot, l'ensemble des consommateurs n'a pas de compétence particulière. Et pourtant il assure, par ses choix, une régulation de l'économie très supérieure à celle des planificateurs de l'État. En effet, le mécanisme expérimental des essais et erreurs façonné par l'évolution historique et appliqué à des millions d'êtres humains permet d'accumuler une connaissance des réalités bien supérieure à celle que peut obtenir un bureau centralisé à l'aide de statistiques ».

L'Occident n'a atteint son degré de civilisation que parce qu'il a toujours su admettre la remise en cause des données scientifiques acquises et la remise en cause des pouvoirs acquis.

dimanche

Runes, hors-série 2/93

Éditorial


Adresse aux français amis des lois et de la paix

Jusqu'à quand, ô malheureux Français, vous plairez-vous dans le trouble et dans les divisions ? Assez et trop longtemps, des factieux, des scélérats ont mis l'intérêt de leur ambition à la place de l'intérêt général ; pourquoi, ô infortunés, victimes de leur fureur, pourquoi vous égorger, vous anéantir vous-mêmes, pour établir l'édifice de leur tyrannie sur les ruines de la France désolée ? Les factions éclatent de toutes parts ; la Montagne triomphe par le crime et l’oppression ; quelques monstres abreuvés de notre sang conduisent ces détestables complots et nous mènent au précipice par mille chemins divers.
Nous travaillons à notre propre perte avec plus de zèle et d'énergie que l'on n'en mit jamais à conquérir la liberté ! Ô Français, encore un peu de temps, et il ne restera de vous que le souvenir de votre existence !
Déjà les départements indignés marchent sur Paris ; déjà le feu de la Discorde el de la guerre civile embrase la moitié de ce vaste empire ; il est encore un moyen de l'éteindre, mais ce moyen doit être prompt. Déjà, le plus vil des scélérats, Marat, dont le nom seul présente l'image de tous les crimes, en tombant sous le fer vengeur, ébranle la Montagne et fait pâlir Danton et Robespierre ; les autres brigands assis sur ce trône sanglant, environnés de la foudre, que les Dieux vengeurs de l'humanité ne suspendent sans doute que pour rendre leur chute plus éclatante, el pour effrayer tous ceux qui seraient tentés d'établir leur fortune sur les ruines des peuples abusés !
Français ! Vous connaissez vos ennemis. Levez-vous ! Marchez ! Que la montagne anéantie ne laisse plus que des frères et des amis ! J'ignore si le ciel nous réserve un gouvernement républicain, mais il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que dans l'excès de ses vengeances...
O France ! ton repos dépend de l'exécution des lois ; je n'y porte pas atteinte en tuant Marat ; condamné par l'univers, il est hors la loi. Quel tribunal me jugera ? Si je suis coupable, Alcide l'était donc lorsqu'il détruisait les monstres ; mais en rencontra-t-il de si odieux ? O amis de l'humanité, vous ne regretterez point une bête féroce engraissée de voire sang. En vous, tristes Aristocrates que la Révolution n'a pas assez ménagés, vous ne le regrettez pas non plus ; vous n'avez rien de commun avec lui.
O ma patrie ! Tes infortunes déchirent mon cœur ; je ne puis t'offrir que ma vie, et je rends grâce au ciel de la liberté que j'ai d'en disposer. Personne ne perdra par ma mort ; je n'imiterai point Paris en me tuant, je veux que mon dernier soupir soit utile à mes concitoyens, que ma tête portée dans Paris, soit un signe de ralliement pour tous les amis des lois ; que la Montagne chancelante voie sa perte écrite avec mon sang ; que je sois leur dernière victime, et que l'univers vengé déclare que j'ai bien mérité de l’humanité ! Au reste, si l'on voyait ma conduite d'un autre œil, je m'en inquiète peu :
Qu'à l'univers surpris, celte grande action
Soit un objet d'horreur ou d'admiration
Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire,
Ne considère point le reproche ou la gloire :
Toujours indépendant el toujours citoyen,
Mon devoir me suffit, tout le reste n'est rien.
Allez, ne songez plus qu'à sortit de l’esclavage !
(Voltaire)
Mes parents et amis ne doivent point être inquiétés ; personne ne savait mes projets. Je joins mon extrait de baptême à cette Adresse, pour montrer ce que peut la plus faible main conduite par un entier dévouement. Si je ne réussis pas dans mon entreprise, Français ! je vous ai montré le chemin, vous connaissez vos ennemis. Levez-vous, marchez, frappez !
Marie Anne CHARLOTTE CORDAY

Les Normands et leurs révoltes

Peu portée à la violence, la Normandie ne présente guère de terre traditionnelle de révolte que le Bocage. Encore s'agit-il de bien saisir le caractère de ces flambées de violence et de cette protestation populaire : ces réactions spontanées et brutales tendent à la défense de situations et de privilèges menacés par une modernité qui dérange. Jamais elles ne s'appuient sur un idéal progressiste. La Normandie sera une terre d'élection pour la chouannerie.
L'examen des mouvements populaires, urbains et ruraux en « haute » Normandie conduit à peu près aux mêmes appréciations. On y a trouvé de l'irrévérence, de la fronde, des violences à caractère folklorique, mais rien qui ne soit de nature à troubler l'ordre public établi.
996, les paysans s'organisent, élisent des délégués pour contester les nouveaux droits féodaux et la suppression des droits traditionnels.
1258, rédaction du « Grand Coutumier de Normandie », qui est une compilation du droit local Normand.
1276, 1292, émeutes antifiscales.
1315, établissement de la « Charte aux Normands ».
1337, des représentants de la noblesse, du clergé et des communes se réunissent à Pont-Audemer, constituant les États de Normandie.
1339, refus du Subside, l'impôt ne peut plus être levé s'il n'a pas été voté par les États Provinciaux.
1351, compte tenu de l'état désastreux de la Normandie la perception du Subside entraîne des émeutes à Rouen. Sur le plan politique, pendant cette « Guerre de Cent ans », les Normands ne prennent position ni pour les français, ni pour les anglais.
1356, en janvier, Geoffroy d'Harcourt refuse le serment vassalique au Dauphin Charles, tant que la « Charte » ne sera pas solennellement confirmée.
, en février, la noblesse Normande refuse la levée de l'impôt sur ses domaines. Capturés, lors d'un banquet au château de Rouen, Jean d'Harcourt, les sires de Granville et de Mainemare sont décapités et leurs corps pendus au gibet.
1382, la clameur de Haro est lancée contre les aides extraordinaires, c'est la Harelle contre la politique de la régence qui ne respecte pas ses engagements envers la « Charte », et les officiers royaux qui se conduisent comme en pays conquis.
1435, 1447-50, brigandages anti-godon dans les forêts, le Bocage, au sud de Caen, le Pays de Caux et alentours de Bayeux, le Pays de Lyons et l'Avranchin.
Pourtant l'« expérience anglaise » a renforcé le particularisme Normand en rétablissant l'Échiquier à Rouen et en instituant l'Université de Caen.
1461, Ligue du « Bien Public », – nobles contre l'autorité royale.
1530, la Normandie est une « terre de Réforme », autant par réaction sociale que pour manifester son particularisme. Malgré les Guerres de Religion, le seizième siècle marque une apogée économique. La population s'accroît malgré la récession et la peste.
1540, le Parlement de Rouen se réfugie à Bayeux et refuse d'enregistrer l'édit de Villers-Cotterêts qui impose le parler d'Ile de France. Parallèlement, la révolte des « Nu-pieds » confirme l'hostilité croissante des populations contre les horsains.

Le Cardinal-duc de Richelieu se méfiait
des Normands qui
« ont tendance à porter haut
et à se souvenir d’avoir eu un Duc. »

1635-38, l'augmentation de la Taille, l'institution d'« Emprunts obligatoires » causent des troubles sanglants à Avranches, Bayeux, Vire, Coutances, Tinchebray, Caen, Mortain, Rouen, Saint-Lô ; noblesse, clergé, communes, tous les corps sociaux Normands s'associent à la clameur de Haro. L'Échiquier donne raison à la Normandie contre l'administration.
1639, la Normandie, pays de « franc salé », se voit soumise à la juridiction des pays de « grande gabelle », ce qui entraîne la révolte des « Nu-pieds » ; l'accroissement des taxes sur les teintures et les cuirs cause des émotions populaires à Rouen et à Caen. La suppression du Parlement de Rouen sera la conséquence de ces révoltes contre la présence française.
1666, la Normandie adhère à la Fronde, en représailles la « Charte » sera supprimée et la Duché divisée en trois Généralités.
1685, révocation de l'Édit de Tolérance.
En supprimant les États Provinciaux de Normandie et en révoquant l'Édit de Nantes, Louis XIV a démantelé toute la vie politique et économique de la Normandie ; la natalité est en baisse et la spéculation sur le grain entraîne la spéculation foncière.
1762, création du JOURNAL DE ROUEN. Boulainvillers, pour qui la noblesse est d'origine franke et saxonne, déclare : « Le roi n'est que le premier, chacun des seigneurs reste maître de ses terres, comme il est maître de lui – même ».
1771, à la faveur de la réforme Maupeou, suppression du Parlement de Rouen.
1786, le Traité de Versailles est signé avec l'Angleterre, ce qui est une bonne chose pour la marine en est une autre pour l'industrie et ... la contrebande avec les Iles Normandes qui fait vivre une frange de la population au Sud de la Normandie.
1788, révoltes à Cherbourg, contre la cherté des grains et la suffisance de ce que l'on appellera bientôt fonctionnaires.
1789, Alençon, pétition en faveur de réunions périodiques d'États Provinciaux.
Nombre de paroisses demandent « que la Province soit réintégrée dans les droits qu'elle a droit de réclamer : que les États Provinciaux soient rétablis ; que la Charte normande soit respectée et exécutée », comme à Saint Martin de Maromme, baillage de Rouen.
Les cahiers de doléances, montrent, ici aussi, le souci de s'affirmer différents. Que l'on tienne pour les anciennes institutions, ou pour les idées nouvelles, la permanence du particularisme normand a été un élément décisif dans l'adhésion de la Duché aux « principes de 89 », et ce en réaction aux effets d'un centralisme croissant. Seulement, c'est une constante, les normands sont légalistes. Les débordements des mouvements parisiens et l'appropriation exclusive de la chose publique par les jacobins ont, plus que dérangé les normands, créé un sentiment de frustration en s'ingérant dans les affaires de la Normandie. Ce sera la cause de la désaffection de la majorité des normands. Si l'on a pu voir quelques figures se distinguer dans les différents camps, ce furent plus celles de défenseurs intéressés d'institutions que d'idéologues. La Normandie marque, ici encore, de son lyrisme lucide des idées, des rêves tous empreints d'une patiente détermination.
Francois DELAUNAY

lundi

Runes, automne 1993


Éditorial


de … Philippe Woodland

Notre mouvement s’est donné pour but de réanimer les forces vives de la Normandie, de faire gagner aux Northmen le pari du vingt-et-unième siècle et, d’abord, d’obtenir la réunification de notre Pays. Son rôle s’apparente donc à celui d’un groupe de pression. Car si notre action possède une dimension politique, le politique ne constitue pas sa finalité unique […] mais existe-t-il des types d’élections adaptés à sa vocation ?

Les affaires communales et départementales ont un caractère particulier. Si leur solution est, en réalité, liée à l’essor de la Région toute entière, les élus locaux suffisent à y donner satisfaction. Les militants régionalistes ne peuvent tenir tous les fronts en même temps, ce qui n’empêche nullement certains d’entre eux d’assumer des responsabilités locales et d’y sentir la nécessité d’une vraie régionalisation.

Les élections nationales. Elles ne correspondent pas, en principe, à notre action […] il est certain que les députés représentent une volonté qui s’exprime au niveau national. Même si l’essentiel de leur rôle consiste à appuyer les dossiers de leur circonscription.

Quand aux sénatoriales, le système électoral en fait le domaine réservé des notables.

Il faut également songer que les partis nationaux sont armés pour ce genre de confrontation et, en général, bien implantés. Notre vocation n’est pas de les affronter sur leur propre terrain, mais de rappeler sans relâche les idées régionalistes. Celles-ci constituent pour les partis le domaine habituel des promesses non tenues ; et l’opinion s’y laisse trop souvent abuser. Cette constatation pourrait nous pousser à agir, car force est de constater que « notre terrain naturel », celui des élections régionales, est tout à fait insuffisant.

Nous sommes très loin de l’électoralisme. Car celui-ci constitue une fin en soi. Alors que notre souci primordial reste l’efficacité du combat pour les idées Normandes. Mais cette efficacité peut commander de porter notre action sur le terrain électoral, pour y être les empêcheurs de faire tourner en rond la machine des élections qui exclue le régionalisme de son jeu.

Notre but ne saurait être seulement de faire des voix. Si tel était le cas, il vaudrait mieux renoncer tout de suite. On peut malgré tout observer que nos voix pèseraient plus lourd que celles de la « majorité silencieuse ». et les dernières élections présidentielles ont montré que les partis politiques importants pouvaient faire très peu de voix. L’essentiel pour nous est que naisse un courant, non pas vraiment d’opinion, car celle-ci est versatile, mais d’intérêt et, pourquoi pas, de militantisme en faveur de la cause Normande. Témoigner de l’existence d’un mouvement comme le nôtre n’est pas un résultat négligeable […]

En définitive, le plus important est qu’il existe un large consensus au sein du Mouvement sur le ses de l’action à entreprendre […] De la discussion jaillit la lumière. À condition toutefois de parler le même langage. Tous les militants du Mouvement normand partagent une certaine vision de l’avenir de notre pays, les espoirs que nous plaçons dans les idées régionalistes. C’est à eux que reviendra la décision. Quelle qu’elle soit, nous ne doutons pas qu’elle permettra d’assurer la continuité du combat pour nos idées.

Haro-l’Œuf n°99
Septembre 1972

Vers un nouvel aménagement du territoire !

La classe politique française ne sait plus comment faire face à la situation économique et sociale. Certains semblent redécouvrir les vertus de l'aménagement du territoire, mais négligent de préciser qu'aucun progrès ne sera réalisé s'il n'est mis fin à l'hypertrophie de l'Ile de France où sont concentrés tous les pouvoirs et les moyens qui règlent nos destinées.

L'aménagement du territoire n'est pas la panacée qui résout tous les problèmes après quelques incantations. C'est une politique à long terme dont le but doit être l'harmonisation des ressources humaines et matérielles pour assurer l'intérêt général.

La France est, sans aucun doute, le modèle du centralisme, inégalable au moins dans la durée. Les structures bureaucratiques omniprésentes offrent une impunité à ses serviteurs qui ferait pâlir d'envie tous les dictateurs. Les résultats d'un tel système sont éclatants : l'Ile de France est, en poids, la première des régions ; elle concentre sur deux pour cent de l'hexagone un tiers de la richesse nationale, deux-tiers du "tertiaire" supérieur, soixante-sept pour cent des diplômés de l'enseignement supérieur. Cette richesse de moyens n'attire pas que la richesse et si le ministre de l'Intérieur décide d'ouvrir un débat national sur l'aménagement du territoire, ce n'est certainement pas pour, subitement, partager ses meilleures cartes avec des partenaires provinciaux.

– L'Ile de France prend conscience que l'ouverture des partenaires européens vers l'Est a déplacé l'axe industriel de la communauté européenne vers l'Orient, minimisant la place de Paris, donc de la France, dans le concert des douze. Les atermoiements de la Bundes Bank lors de l'assaut estival contre le Franc en sont un avertissement.

– L'Ile de France est une région, son territoire n'est pas extensible. La croissance démographique et les mœurs actuelles ne permettant pas de continuer indéfiniment d'entasser verticalement ses nouveaux habitants, un partenariat s'impose avec les autres collectivités du Bassin parisien.

– La première solution envisagée a été le Grand Bassin Parisien. Cette machine de guerre contre les provinces limitrophes aurait impliqué une approche trop longue et trop de moyens pour mettre Normandie, Champagne et autres Picardie en coupe réglée.

– La seconde possibilité c'est de présenter un aménagement du territoire profitable pour l’ensemble des régions périphériques. Tout le monde a son mot à dire et sa part de responsabilités à assumer, pour que des cadres supérieurs qui peuvent supporter les coûts de vie ou immobiliers d'une mégalopole restent près de la capitale et les autres : jeunes, cadres intermédiaires du tertiaire et moins jeunes, puissent trouver de nouvelles terres d'asile à la portée de leurs moyens.
Ce second scénario, qui s'inscrit localement dans le sens des conclusions du Projet Régional d’ Aménagement du Territoire "haut" Normand, autant que dans les souhaits vertueux de Charles Pasqua, sera certainement la solution retenue pour la plus grande satisfaction de tous. Bien que ...

Réfléchissons bien.

Compte tenu de la situation économique, les jeunes rencontrent de plus en plus de problèmes pour s'intégrer à la vie active. La crise que nous traversons est dénoncée depuis vingt ans comme liée à la conjoncture, mais si elle était structurelle comme quelques uns commencent à le dire ? Cela nous changerait du credo entendu ! Le problème irait alors, donc, en croissant.

Les actifs du tertiaire ? Activité merveilleuse, non polluante ... c'est bien le tertiaire, mais avons-nous assez marqué notre opposition aux turbo-profs pour accepter que la région devienne un dortoir en contrepartie du plat de lentilles que figurerait l'amélioration des communications qu'on nous refuse depuis vingt ans ? Allons-nous nous résigner à dépenser un milliard six cents millions pour former des diplômés qui iront produire ailleurs ?

Quant au troisième âge – en dehors de toute considération financière (puisque passé cinq ans les coûts sociaux sont à la charge des collectivités d'accueil, que la retraite est à soixante ans et que l'espérance de vie s'accroît de trois mois tous les ans) – reconnaissons que ce n'est pas une hypothèse de développement régional très dynamique.

Il faut malgré tout raison garder. Le département de Seine-Maritime est le premier de France pour le surendettement. L'industrie Normande est soumise à des pressions extérieures de plus en plus fortes à mesure que ses centres de décisions s'éloignent de Normandie. Il n'est pour exemple que de se rappeler l'affaire des cimentiers des mois de juillet-août à propos d'implantation sur le Port « Autonome » de Rouen. Enfin, la Normandie, même avec les îles, ne représente pas le tiers des résidents d'Ile de France.

Il nous faut donc composer Nous ne sommes en mesure d'imposer nos volontés que pour sauvegarder ce qui nous est essentiel, et pour commencer l'identité de notre peuple Normand.

Faute de volontés politiques, nous n'avons pas été en mesure de contrôler l'occupation de notre territoire sur l'axe séquanien, si bien que jusqu'à Vernon nous somme plus emparisiannisé que Louis Beuve ne pouvait le dire de l'embretonnement du sud de la Manche. Il est donc nécessaire, sinon urgent, de tout mettre en œuvre pour qu'au-delà des contreparties techniques qui nous seront offertes d'ici la fin du IXème Plan, c'est à dire 2015, nous affirmions avec la plus grande énergie notre volonté de rester Normands en Normandie, que nous prouvions notre capacité à exister en tant que tels.

Nous ne voulons pas d'une Normandie où la certitude de limiter notre déclin s'échangerait avec celle de notre disparition.
Gilbert Crespin

mercredi

1204-1450

Ces deux dates sonnent comme un glas.
Elles résonnent à nos oreilles, comme en nos cœurs, aussi douloureusement que 1944.
Ces deux jalons posés sur le chemin de l'histoire de la Normandie marquent les moments de notre aliénation. Notre destin mérite-t-il encore le noble qualificatif de « normand » ? Et dans l'affirmative, s'il est toujours vrai qu'en politique le désespoir est une sottise absolue, quels moyens voulons-nous laisser à nos enfants pour décider de quel sceau ils veulent marquer leur page d'histoire normande ?
À l'heure où un nouveau gouvernement, dans l'indifférence quasi générale, tente de mettre en place « allegro ma non tropo » une réforme du code de la nationalité dont on peut s'interroger sur les conséquences réelles ou espérées, force nous est faite de constater que l'homme de la rue se préoccupe de tout autre chose, malgré toute la bonne volonté des organisations caritatives, syndicales ou politiques, quand ce ne sont pas des ministres d'État qui récusent les élus de la Nation. Vu de la rue, la réforme du code de la nationalité anime un débat politique houleux. Comme toujours, les mouvements du panier de crabes de l'Assemblée Nationale monopolisent tous les regards, alors que les relations de l'homme de la rue, si elles ne font pas la Loi, n'en sont pas moins dignes d'intérêt, et, il y a deux ans, à peine, un tel projet de Loi aurait déclenché une émeute.
Une cinquantaine d'organisations, partis politiques et syndicats ont appelé à une journée d'action le 11 mai à Paris. La manifestation a réuni quelques centaines de personnes. Nous sommes loin des milliers de manifestants descendus dans la rue pour « protester » contre la mort d'un voleur de moto, tué par la police au terme d'une course poursuite dans une banlieue chaude.
Car vu de la rue, la situation n'est jamais la même que celle vue par la presse ou du haut du perchoir de l'Assemblée Nationale.
Selon un sondage CSA/Le Parisien, soixante-seize pour cent des français approuvent la suppression de l'automaticité de l'attribution de la nationalité aux jeunes nés en France de parents étrangers.
Si cela reflète assez peu le malaise de bien des français de souche qui, au fil des années, ont vu la nation accueillir à bras ouverts les immigrés, et qui voient aujourd'hui ceux-ci ne pas répondre aux espoirs utopiques que nos divers dirigeants ont fait miroiter, cela reflète bien mieux que trois-quarts des français n'oublient pas que ceux qui gouvernent ont été élus avec l'argent de ceux qui ont profité de la colonisation avant de se servir de l'immigration. Que vingt-cinq pour cent de la population résidente en France soit d'origine extra-européenne joue, à notre avis, fort peu dans les préoccupations de l'homme de la rue, de toute évidence plus intéressé par la baisse de son pouvoir d'achat, sinon par la remise en cause de son gagne-pain. Il ne faut pas se leurrer : si la réforme du code de la nationalité provoque si peu de réaction, c'est qu'il y a eu depuis quelques années un profond changement de mentalité dans la rue
Car vu de la rue, ce ne sont pas les chiffres des statistiques qui font la réalité quotidienne. Lorsque le sentiment d'insécurité s'accroît, ce sont des faits et non des courbes abstraites qui font monter la tension, et rien n'indique une prochaine et notable amélioration. Sans que la presse ne fasse cas des états d'âme du bon peuple, celui-ci approche lentement du ras le bol. Le fameux seuil de tolérance d'il y a quelques années a été largement franchi.
Pour ce qui est de la Normandie, il nous faut admettre que, si comme partout ailleurs en Europe, l'immigration peut-être un exutoire à l'exaspération de nos concitoyens, cette situation n'est pas à mettre au seul crédit des trente dernières années, loin s'en faut. Nous nous plaisons à rappeler que l'espace normand est un carrefour de civilisations, et, à ce titre, une terre d'accueil depuis sa plus haute antiquité. Jamais nous ne pourrons oublier que l'accueil a aussi évolué à certaines heures sombres de notre histoire [Normande, ndlr] : l'immigré des uns, est aussi le colon parti d'ailleurs... 1204 vit le remplacement des élites civiles normandes par des horzains attirés par la richesse non défendue du premier État moderne européen. 1450 fut le début de la substitution de nos élites intellectuelles, c'est à dire principalement le clergé normand, à ces deux dates nous pouvons ajouter l'exode rural commencé par la révolution industrielle et les saignées de 1914-1918 et 1939-1944 où nos populations, pour des intérêts stratégiques discutables, ont pu civilement participer à l'effort de libération. L'œuvre continue jusqu'à nos jours, puisque voici un an l'État français décidait de la fermeture de l'école de notariat de Rouen. Chose de peu d'importance, sinon que cette institution était la dernière à enseigner le droit normand sur le continent !
La réforme du code de la nationalité n'est qu'une manifestation supplémentaire d'un jacobinisme, version frileuse. Car, si la République Une et Indivisible avait compris que sa richesse réside dans la diversité, elle aurait su faire la différence entre citoyenneté et nationalité, elle aurait conservé un hexagone hérissé de libertés, et la société civile moins anémiée aurait été plus à même de « lutter contre » un phénomène qui n'est dangereux que par l'état de faiblesse d'une institution sclérosée.
À l'évidence, la réforme du code de la nationalité vient trop tard, les politiques peuvent débattre, la presse en faire écho, vue de la rue, une nouvelle loi laisse indifférents des peuples qui ont trop longtemps attendu.
Gilbert CRESPIN

Écologie, la nouvelle bataille de Normandie

La Normandie est non seulement un refuge pour les parisiens, c'est surtout une région dotée d'une industrie très puissante : la chimie, les raffineries, le nucléaire symbolisent son aspect fortement compromis en matière d'environnement.
56 sites visés par les directives « Seveso », 8 réacteurs nucléaires et l'usine de la Hague renforcent cette mauvaise présentation touristique. Mais, quoiqu'en disent les détracteurs de la qualité de vie en Normandie, en dix ans les chimistes « normands » ont diminué de deux-tiers leurs rejets de dioxyde de souffre, l'industrie des engrais ne rejette plus de phosphogypse en baie de Seine, Norsk-Hydro a fermé, l'autre stocke à terre (bénéfice trois cents chômeurs normands de plus), les rejets de matières organiques oxydables sont passés de trois cents tonnes à quatre-vingt tonnes par jour, les concentration de plomb et de poussière dans l'air ont été divisées par six en dix ans. Malgré ces efforts coûteux, en argent, mais surtout en emplois, il ne se passe pas de semaine sans que les risques industriels, les nuisances et atteintes à l'environnement dans notre région soient mises en exergue dans les médias ou brandies par des portes paroles d'associations ou de mouvements politiques ... Malheureusement, ces prises de position sont presque toujours isolées du contexte social et économique.
Diminuer l'impact des industries sur l'environnement est bien dans la volonté de chaque industriel responsable : la solution est-elle d'aboutir à une activité industrielle nulle et donc à une pollution nulle ?
Le péril en Basse-Seine n'est pas celui que l'on croit. Le vrai péril, c'est de rayer purement et simplement notre région de la carte des sites industriels et donc sa richesse et ses emplois.
Lorsque l'on effectue le total de toutes ces actions pour l'environnement menées par les industriels et les collectivités locales, on obtient la somme impressionnante de trois milliards de francs. Pourtant, les industriels locaux totalisent soixante-quinze pour cent des sommes investies, alors qu'ils ne sont responsables que de vingt-cinq pour cent de la pollution du fleuve. Si nous exigions des l'Ile de France qu'elle indemnise la Normandie pour les pollutions que nous subissons, une simple règle de trois nous autoriserait à réclamer la coquette somme de neuf milliards !
... C’est ce qu'ont décidé le Conseil régional et les Conseils généraux d'Ile de France avec l'Agence de Bassin Seine Normandie en décidant la mise en place d'un plan de dix milliards !

Mais l'Agence Seine Normandie ... ne sont-ce pas aussi les Normands qui devront mettre encore la main à la poche pour régler un cinquième de la note de leurs fortunés voisins ?
Jean HALOT

Droit de cuissage automobile

Les sociétés d'Autoroute sont-elles les seigneurs et maîtres d'une nouvelle féodalité ?
Au milieu des années soixante, l'État français, devant la carence d'infrastructures autoroutières, inaugura une politique ambitieuse destinée à compléter l'embryon ludique, constitué avant la seconde guerre mondiale, et qui menait de la Porte de Saint Cloud à Versailles.
Le fer de lance de cette politique s'est constitué autour de sociétés d'économie mixte chargées de construire, puis d'exploiter pendant vingt ans ces autoroutes financées avec de l'argent public. Trente ans plus tard ... les concessions sont toujours exploitées et il ne reste de cette politique audacieuse qu'un déficit de kilomètres que les Régions et les Conseils généraux tentent de combler, toujours avec de l'argent public, sous la bienveillante attention des sociétés d'autoroutes.
Si Paris semble bien irrigué par le maillage autoroutier, la province reste, une fois de plus, la grande oubliée. En effet, comment maintenir, sinon développer, une économie locale, donc une vie en milieu rural, sans un réseau de communications sûr, rapide qui desserve le plus grand nombre de bassins de production ?
Dans les faits, quatre-vingt pour cent de la population ne représente rien vis à vis des intérêts de l'Ile de France. Le déséquilibre Paris-province s'accentue d'année en année, que ce soit en infrastructures, dans le rapport des kilomètres soumis au péage, le nombre d'accès aux voies rapides, la qualité l'entretien et de la signalisation, les choix de tracé par le jeu de notion d'utilité publique plus facile à imposer dans les zones en cours de désertification, etc.
Nous payons au prix fort un service peu coûteux pour les vingt pour cent d'une population qui paye peu ou pas des kilomètres qui nous sont finalement très chers ; 1993 est le Bicentenaire d'une période qui fut terrible pour l'ensemble des provinces, vu de Paris c'est une aimable fantaisie, mais rappelons-nous que tout avait commencé par des cahiers de doléances où les bons peuples de France rechignaient sur les péages des ponts et chaussées.
Resterait-il des Bastilles à prendre ?
Marc LESALIEN

Indécence, insolence ou imbécillité ?

Entre les épithètes il n'est pas facile de choisir, et l'heure commanderait plus à la concertation et au regroupement de nos énergies qu'à leur dispersion. Mais il y a des idées, des paroles qui confinent à la trahison des intérêts normands. Que la Normandie ne soit qu'un mythe au regard de quelques parachutés de tous poils, peu nous chaut, nous les tenons et les combattons pour ce qu'ils sont : des horzains. Mais que, dans nos propres rang, des normands se mêlent à la curée nous navre et nous révolte !
Qu'à cela ne tienne, nos messieurs préfèrent jouer l'air des querelles intestines entre Caen et Rouen, organiser quelques colloques où tout ce qui avait déjà été dit l'est à nouveau, de sorte que, la réunionite devenant plus importante que le but assigné, ils se trouvent au moment du Plan sans avoir rien avancé de leurs doctes travaux.
Alors reviennent les vieilles lunes, celles qui dispersent les efforts que les deux demi régions font pour se retrouver, pas trop vite, mais l'idée fait son chemin. Les exclus des prébendes n'ayant plus de moyens de manifester leur puissance, refont leur apparition. L'Observatoire de Prospective, puisque c'est de lui qu'il s'agit, ayant vu partir en fumée son désir de réaliser l'unité de la haute Normandie et de la Picardie, a voulu relancer le débat au mois de mai 1993, en l'Hôtel des Sociétés Savantes de Rouen, avec un dénommé Germond, qui présentait son chef d'œuvre de géographe autorisé, puisqu'il enseigne à la faculté de Rouen. Les thèses de ce monsieur sont simples, sinon simplistes, et il est navrant que de telles élucubrations aient pu susciter tant d'émoi. Selon ce personnage, la « haute »-Normandie se trouve devant deux horizons (sic), le premier est Paris, le second c'est au lecteur de le trouver ... (de qui se moque-t-on ?) Car, Paris est une chance pour la Normandie plus que pour les autres régions, à condition que, comme au judo, les normands jouent sur leur agilité pour entraîner leur puissant voisin, (ben voyons, au lieu de laisser tomber Paris, nous tomberions avec !)

Pour les attardés, précisons que la Normandie n'est pas dans l'Arc Atlantique parce qu'elle n'a pas de plan routier, ni de zones franches, tout au plus devons-nous déplorer que l'on exploite sans vergogne ses gravières et qu'on y importe des petits vieux. Émaillant son exposé de propos dénotant un mépris certain : « le Limousin et la Corse sont au-dessous de zéro, la « haute »-Normandie égale la Corse et le Limousin pour les décentralisations ! » voire une insolente ignorance pour un si grand géographe qui compare la faiblesse des moyens de la « haute »-Normandie à « la force d'une région comme la Rhénanie ou la Belgique ». Ce ne fut qu'un vibrant plaidoyer pour que nous acceptions le principe d'une Normandie parisienne, plutôt que de devenir parisiens petit à petit.
Ces propos furent repris un illustrissime caennais, François Geindre, qui ne se trouve être « que » maire d'Hérouville-Saint-Clair, qui est si près de Caen dont il voudrait être le chef de file au SIVOM, pour faire pendant à son ami Laurent de Rouen ? Aussitôt, par l'aubaine alléché, notre troisième couteau se rue dans les colonnes de Ouest-France, où les dirigeants rennais sont trop heureux de trouver une cloche qui donne un son flatteur pour les oreilles des managers d'un Arc Atlantique enfin débarrassés de Rouen. Car, pour Geindre comme pour ces messieurs, Rouen est, horror referens, la cité des perditions d'emparisianisés dont il faut se défaire avant que la Normandie, en recouvrant ses esprits, ne prenne une trop belle place dans cet Arc Atlantique qui veut bien du littoral normand pour mieux défendre sa cause, mais ne l'irriguera des subventions reçues qu'à la manière d'un certain comité pour le développement du tourisme dans l'ouest qui ignora superbement ... le département de la Manche venu faire cavalier seul en si avenante compagnie.
François DELAUNAY

mardi

Au regret de ce qu’Il n’a pas fait

Monsieur Jean Lecanuet est mort.

Paix à son âme.

Un chroniqueur proposa, dans le journal « Les Affiches de Normandie », que l’épitaphe « rouennais » (en latin pour faire plus « humaniste ») fut apposée sur sa tombe.

Résumé oh combien juste du personnage, car hormis sa dimension nationale de sénateur de l’État français, Jean Lecanuet fut rouennais.
Malheureusement, à nos yeux, car il le fut trop et ne fut pas assez Normand. Au détriment d’une carrière politique régionale qu’il avait la stature de mener, et qui aurait pu faire de lui une sorte de « Duc de Normandie », il préféra un destin de sénateur-maire de Rouen, privilégiant ainsi une vision locale de la politique. Son action fut sans doute positive pour sa cité, conséquence de cette mise en avant. Il se retrouva, par la suite, à défendre son « œuvre » contre tout ce qui pouvait, selon lui, lui porter atteinte. De ce fait, s’il refusa de faire de Rouen « une perle de la couronne de Paris », ce qui ne peut que nous réjouir (l’avenir nous dira ce que ce refus vaudra dans les prochaines années) il freina la réunification de la Normandie, de peur que « sa ville » n’y perde, éventuellement ! la place prépondérante qu’elle occupe dans cette création administrative que l’on appelle « haute » Normandie. Ce qui ne peut, dans ce cas, qu’entraîner notre désapprobation la plus virulente. Nous pensons, en effet, que l’avenir de la Normandie, pris dans son ensemble historique, ne peut être mis en balance avec le devenir d’une seule de ses cités, fut-elle parmi les plus prestigieuses. La défense de la Normandie doit être appréhendée dans son ensemble et non cité par cité, département par département. Ce genre de vision localiste a été et demeure l’un des principaux freins au renouveau de la Normandie en tant qu’Euro région alors que sa situation au carrefour Nord-Ouest du continent lui permet naturellement d’y prétendre si ses habitants et ses élus politiques en avaient la volonté ferme et déterminée.
Christian Camille

Bernard Frau crée l’E.D.E.N.

Le vert est dans le fruit !

Le vert solitaire du Conseil régional doit se déplacer dans les milieux pas toujours cohérents, et n’est pas facile à suivre…

Après avoir tenté de doubler Fabius, puis s’être fait doubler par Brice Lalonde, voici que Bernard Frau revient du côté de chez Laurent, sans être du côté de Fabius puisqu’il dit oui à Rocard et présente des candidats sans faire acte de candidature.

Comprenne qui peut…

Avec Bernard Frau, un seul vert et bonjour les dégâts !

mercredi

G.A.T.T. against Europa

Doublement de la jachère, taxation exorbitante des produits bruts et manufacturés jusqu'à deux cents pour cent, les négociateurs U.S. ne reculent devant aucun sacrifice à nous imposer.
Faire de l'Europe un vaste marché où écouler des surplus qui font de nous de gentils petits mickeys aux oreilles frétillantes devant le premier Macdonald, avant de nous subjuguer, devrait nous faire réfléchir. « Règlement de compte à Sarajevo Corral » plus que de la science-fiction relève des prochains « prime time » qui distrairont les amateurs de reality-shows made in C.N.N. Ce qui est grave c'est que ce mauvais scénario est signé par les ministres des douze. Nos hommes forts, en paroles, ont confessé devant les caméras de télévision et étalé dans les journaux les états de ce qui leur tient lieu d'âme, et ont demandé que les cent mille G.I. qui occupent notre continent, depuis cinquante ans que la guerre est terminée, interviennent là où leurs yeux n'osent se porter : en Yougoslavie !
De l'imbécilité des lâches sachons tirer les enseignements avant que chirurgicalement les Marines ne viennent à bout de notre prétendue européanité.
F. D.

Une betterave pour Garrec

(accidentel président du Conseil régional de basse - Normandie),

qui pour ne pas être le seul élu de droite à perdre son siège en mars 1993, créée l'évènement en réclamant l'appellation NORMANDIE pour son demi-fief. Il exclut donc la partie orientale de la Duché de son espace Normand : l'homme « couleur de muraille », n'a d'ambition qu'à la mesure de sa mesquinerie.

Garrec se présente souvent comme « n'étant ni Breton, ni Normand, mais de nulle part », nous attendons qu'il en tire la conséquence et sa révérence en allant voir ailleurs !

Pas d’autre vote que Normand !

Les élections législatives ne nous concernent pas, notre vocation Normande ne se satisfait que des seules consultations locales, régionales et européennes.

Nous ne rejetons et ne soutenons aucune tendance, mais réaffirmons que le seul vote utile est celui qui se porte sur la valeur personnelle des candidats, toutes tendances confondues, leurs positions, actes et volonté d'agir en qualité d'élus du peuple Normand.
Nous refusons donc tout monolithisme, chaque opinion est respectable, seuls les individus peuvent manquer de respect à leur fonction et à ceux qui les ont soutenus. Nous demandons que les candidats au suffrage des Normands se présentent en authentiques défenseurs des intérêts Normands.

La réunification

Les deux régions de programme, haute et basse Normandie, n'offrent que des solutions médiocres, à la mesure de leurs possibilités restreintes, leur résoudre les problèmes auxquels les Normands sont confrontés :

- Chômage.

- Image de marque incertaine,

- Incohérence des infrastructures,

- Incapacité à établir des relations avec Paris, Bruxelles ou les autres régions de France et d'Europe.

La réunification est la question en suspens depuis vingt-cinq ans, le personnel politique a montré son incompétence pour réaliser La condition de notre réussite.
Le principe de l'Unité normande doit être réaffirmé et un calendrier de rapprochement entre les deux régions administratives, qui perpétuent l'insupportable division de la Normandie est la seule base crédible leur toute profession de foi ou déclaration d'intention.

L'aménagement et l'équilibre du territoire

La division de la Normandie accentue les déséquilibres, que ce soit :

- Entre les villes et les campagnes, la Normandie et l'Ile de France,

- En matière démographique, à l'intérieur des villes, entre villes et campagnes, par les migrations journalières entre la Normandie et l'Ile de France, par la fuite des diplômés, et ce jusqu'à compromettre les résultats des formations scolaires, professionnelles et universitaires.

- Dans le domaine des infrastructures routières, ferroviaires, insuffisantes qui enclavent la Normandie et la relègue au rang de banlieue sous desservie.

- Pour l’environnement : pollutions atmosphériques, pollution des eaux, gestion des ressources : pas de politique Normande des eaux, pillage des gravières et des ballastières.

Mais, pire encore, cette division accentue de façon dramatique l'importance de l'Ile de France dans les décisions qui nous revient de prendre.
La Normandie doit-elle être maîtresse de ses choix ou vassale des intérêts parisiens ?

L’affirmation de l’identité culturelle Normande

Nous nous opposons à toute conception mondialiste de la culture : l’identité et la culture de chaque peuple étant un élément irremplaçable du patrimoine humain qu’il serait criminel de condamner.
Nous refusons l’obligation du cosmopolitisme et l’adoption du modèle « américain ».
De notre passé nous faisons le point de départ de notre réflexion culturelle et il est donc prioritaire d’affirmer et de promouvoir notre spécificité culturelle Normande :

- Enseignement et sauvegarde du patrimoine Normand,

- Révision des parts de budget culturels hexagonaux et régionaux,

- Politique culturelle, touristique et de loisirs régionale,

- Politique médiatique, indépendance des journaux locaux, développement des radios d’intérêt régional, autonomie des directions des télévisions régionales.

L’extension du pouvoir des régions

Les régions, dont la Normandie, détiennent une part de légitimité nationale.

Mais il reste beaucoup à faire pour que cette légitimité puisse valablement s’exprimer.
Notamment, après le referendum sur le traité de Maastricht que le gouvernement a soutenu, il convient de redéfinir les domaines qui reviennent aux régions, ceux qui restent à l’État central avant de remettre aux organismes communautaires la part qui leur revient.
De même, il convient de donner aux régions la représentation au Conseil des régions qui leur revient auprès de la Communauté européenne.
Qui dit pouvoir, dit moyens, aussi il faut redéfinir les prérogatives des communes et des départements, harmoniser les budgets des régions et de l’État, confirmer aux régions leur rôle dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la culture, de l’aménagement du territoire et de l’environnement.
Nous demandons que les candidats au suffrage des Normands se présentent en authentiques défenseurs des intérêts Normands.
Il est évident que la défaite de chaque adversaire de la Normandie sera pour nous une source de satisfaction morale et politique

Humeur

Peut-on rêver pour mieux connaître le destin de la Normandie ? Notre passé si glorieux ne nous laisse pas mille et une alternatives. Les combats livrés et les ennemis vaincus, nos conquêtes et découvertes, nos lettres et nos arts, nos sciences et traditions ont fait de la normannité un empire prestigieux qui ne peut que traverser le temps, embelli par toutes les générations, ou disparaître à jamais par le fait d’une seule.
Que nous en soyons les descendants directs ou les mercenaires adoptifs, seule la force de notre volonté de sacrifice à la cause normande la sauvera ou la condamnera.
Qui est-elle cette Normandie, tant aimée ou tant crainte ?
Pour certains, elle n’est qu’un mythe, une création de régionalistes fascistes tapis dans l’ombre depuis 1945 – cette date qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre, pardon ! de leur histoire – ou un paravent pour des gauchistes révolutionnaires, destructeurs de l’unité de la France. Aux choix.
En Normandie, les deux chantres de ces théories sont L. Fabius et un chef ( ?) de groupe, qui porte le nom d’un chat pas Normand…
Le premier est le représentant du cosmopolitisme nihiliste, que le nationalisme Normand – véritable nationalisme car véritable enracinement – condamne et menace de mort. Quoi que peut en dire L. Fabius, une communauté est d’autant plus soudée, d’autant plus protégée qu’elle renferme en son sein que les membres d’un même Clan, d’un même Sang. Il n’y a que les paumés qui puissent désirer un mélange des civilisations et des cultures : plus l’hydromel est coupé, plus les faibles peuvent s’en abreuver… Une homme – ou une femme ! – qui a redécouvert sa Mémoire, qui a appris à être fier de l’héritage que ses pères lui ont transmis, au point de faire lui-même tous les sacrifices pour le transmettre à ses enfants, ne peut que désirer préserver et renforcer son enracinement. Son intérêt vital est alors de favoriser l’enracinement des autres Clans, des autres Civilisations, des autres Races, pour enrichir la sienne d’échanges fructueux et réciproques. Seuls les échanges sont garants de la stabilité de l’Ordre – qui n’est pas, utopiquement, synonyme de paix, et certainement pas un mélange qui n’attise que les haines des parties en présence en détruisant les richesses de chacune.
Le second est le pantin gesticulant et braillant d’un jacobinisme parisien, qui est tout et rien, mais certainement pas la France. Cocardier plus que nationaliste, frileux à l’idée d’une Normandie païenne de par son catholicisme latin, son enracinement est celui d’un potentat en Terre étrangère. Plus bête qu’hostile, son opposition est plus la manifestation d’une crasse ignorance que d’une condamnation réfléchie. La France est tout pour lui, mais il n’a pas compris que l’on ne peut être Français que si l’on est d’abord Normand, Breton, Corse, Savoyard, Basque, et c. et ensuite Européen.
La Normandie devra donc combattre à la fois l’hostilité de ses ennemis, mais aussi l’ignorance manipulée de certains de ses lointains amis. Il est, en effet, curieux de voir que ses détracteurs ne sont que des hommes politiques qui ont, ou les mains trempées dans le sang de leurs concitoyens comme L. Fabius, ou les lèvres trempées en permanence dans le Whisky pour l’autre. Ce ne sont aussi que des politicards qui voient en la partition de la Normandie insultée, le moyen de se tailler leurs fiefs électoraux et une chance – que nous leur savons pourtant fort mince ! … – d’occuper des postes gratifiants.
Peu importe, en fait, ce que peuvent penser les représentants de la « bande des six » de la Normandie…. Ils ne sont que les représentants d’une certaine France qui n’est pas la nôtre. Nous ne sommes français que dans la mesure où nous sommes d’abord Normands. Notre nation est la Normandie. Il n’y a qu’à elle que nous devons tout. Si nous devions nous intéresser à un groupe de nations, ce serait peut être la France, mais certainement plus cette Europe des 100 drapeaux qui renaît sous nos yeux.
La Normandie est donc une voie différente du Nationalisme cocardier et une arme terrifiante contre le cosmopolitisme destructeur. Une voie nouvelle que ne peuvent pas emprunter les politiciens, corrompus ou non, les professionnels du mensonge, toute cette clique déconsidérée.

La Normandie est une autre voie, celle de l’Enracinement, de l’Identité.

Elle est La voie.
Frank Le Dun

vendredi

Maastricht : la Normandie dit non !

Pour la première fais dans son histoire, la Normandie infirme l'analyse d'André Siegfried (La France de l'Ouest) et se prononce contre le pouvoir en place, contre l'appareil politicien ...

Calvados :
inscrits 420614 ; abstentions 124244 ; OUI 146396 ; NON 146974.
Manche :
inscrits 340961 ; abstentions 100407 ; OUI 115190 ; NON 125364.
Orne :
inscrits 209403 ; abstentions 59701 ; OUI 72450 ; NON 77252.
Eure :
inscrits 345343 ; abstentions 100354 ; OUI 106006 ; NON 138993.
Seine-Maritime :
inscrits 804903 ; abstentions 244700 ; OUI 255513 ; NON 304590.
Ensemble de la Normandie :
inscrits 2121234 ; abstentions 632406 ; OUI 695655 ; NON 793173

---------------

« L'Europe ne se construira pas sur un magma de culture uniformisées... elle a besoin de se nourrir de la diversité et de la richesse de ses traditions.

« Les régions constituent des interlocuteurs privilégies, appelés à se concentrer sur leurs missions essentielles. L'espace européen qui n'est pas homogène appelle en effet des traitements différenciés.

« Certes, dans la compétition à laquelle nous ne pouvons échapper, la Normandie serait mieux armée si elle réunissait enfin les cinq départements qui la composent. »

Pierre Albertini
Conseiller Régional de Normandie

Twingo génération Mac Do ?

Décidément, il doit être dur le souvenir du discours de Mexico dans la tête du dirigeant politique qui voulait défendre « notre culture » contre l'impérialisme U.S.

La Régie Renault (d'État) adopte le slogan publicitaire le plus idéologiquement suicidaire du siècle en associant la production d'une automobile française au symbole le plus virulent de l'invasion alimentaire, ambassadeur du monde le plus capitaliste (mais le gouvernement français est-il encore socialiste ?) d'une entreprise manifestement impérialiste et américaine (Cuba, Che Guevara ont- ils existé ?).

Pour l'État qui se veut le fer de lance de l'européisme cela nous promet des lendemains qui (dé)chantent.

Betterave

Pour les élus « de Normandie » qui, sensés défendre les intérêts de la Basse-Seine, ont courageusement négocié la transformation du demi échangeur de Beuzeville en échangeur complet contre la concession de l'A 28 à la Société d'Autoroute Paris-Normandie (S.A.P.N.)

Lorsque l'on se souvient du délirant manque d'enthousiasme dont ils ont su faire preuve lors du montage financier du Pont de Normandie ...

Que Dieu nous protège de nos « amis ».